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vendredi 31 juillet 2009

[MEURTRE] Soupçons autour de la mort d'un Afro Caribéen à la prison de Fleury Mérogis (L'Express)

"On m'a menti!" Par Julie Saulnier, publié le 30/07/2009 18:15 - mis à jour le 30/07/2009 18:56

Denise Ardon, la mère du jeune détenu décédé à Fleury-Mérogis dans des conditions obscures réagit à la publication du témoignage d'un ex-prisonnier, accablant pour les surveillants.

Au vu du témoignage d'Adam, je me dis que c'était un complot!

AFP/Archives/FRED DUFOUR

(Source : L'Express)

Au vu du témoignage d'Adam, je me dis que c'était un complot!

Qu'attendez-vous du témoignage d'Adam dans Le Monde?

Qu'il fasse avancer l'enquête sur la mort de mon fils. Si ce que ce jeune homme raconte est vrai, il faudra le prendre en considération. De toute façon je n'ai jamais cru la première version selon laquelle mon fils était tombé dans la cour puis resté à l'infirmerie avant de mourir... Le médecin qui l'a vu n'a pas appelé les pompiers. Il y avait forcément une explication à cela. Adam l'a donnée: lorsque le médecin a vu Denis, il était vivant, débout et il parlait. Lorsqu'il est revenu à l'infirmerie vingt minutes plus tard, il était mort. C'est pour cette raison que les secours n'ont pas été prévenus. Au vu du témoignage d'Adam, je me dis que c'était un complot!

On reste prudent. Le juge doit encore aller jusqu'au bout des investigations. L'enquête est ouverte depuis deux ans, beaucoup d'actes ont été effectués. On espère que le rythme de croisière sera le même, voire un peu plus rapide...

Me Marie Guiraud, l'avocate de la famille Ardon

Vous attribuez donc du crédit à la version de l'ex-détenu de Fleury-Mérogis?

Oui, je pense que sa version se tient, que les faits ont eu lieu à l'infirmerie et qu'ils sont à attribuer aux surveillants. Son témoignage et les incohérences dans les explications données à la mort de mon fils coïncident.

Avez-vous encore confiance en la Justice?

On m'a menti. Ce que j'attends maintenant, c'est le procès. Pour voir si la Justice va faire son travail. Ce n'est pas M. Tall [un détenu avec qui Denis s'est battu dans la cour de Fleury- Mérogis, ndlr] qui a tué mon fils. S'il a refusé de parler c'est parce qu'il avait peur de donner le nom des responsables. L'amie de mon fils m'a confié que lors d'une visite au parloir elle avait assité à une dispute entre Denis et un surveillant.

Avez-vous rencontré Adam?

Non, jamais, je ne sais même pas qui c'est. Mais pourquoi pas, il pourrait peut-être me donner quelques réponses.

"Adam" est le pseudonyme donné à l'ex-détenu ayant témoigné dans l'affaire Ardon.

jeudi 30 juillet 2009

[FAITS DIVERS] Un Camerounais se prétendant frère d'Evra escroquerait des palaces (Nouvel Obs)

Un homme de 30 ans, qui se serait fait passer pour le frère du footballeur Patrice Evra, a été mis en examen pour escroquerie au préjudice d'un palace versaillais.

Patrice Evra (Sipa)

Un homme de 30 ans, qui se serait fait passer pour le frère du footballeur Patrice Evra, a été mis en examen mercredi par le parquet de Versailles pour escroquerie au préjudice d'un palace versaillais, a-t-on appris jeudi 30 juillet de source judiciaire confirmant une information du Parisien.

(Source : Nouvel Obs)

L'homme est aussi suspecté d'avoir agi à l'hôtel Hilton-La Défense à Puteaux (Hauts-de-Seine) et dans un hôtel parisien.

Le fax


Le trentenaire d'origine camerounaise a été placé en détention dans l'attente de son audience devant le juge des libertés et de la détention, l'homme ayant demandé un délai pour préparer sa défense.
Depuis début juillet, l'escroc présumé aurait effectué trois séjours au Trianon Palace à Versailles. Il se serait fait annoncer dans cet hôtel de luxe comme le frère de l'international français de football Patrice Evra grâce à un fax "soi-disant signé du joueur", où était inscrit une série de numéros de carte bancaire pour régler les prestations et se faire remettre des espèces, selon la source judiciaire.

10.000 euros


Portant costume-cravate, il aurait prétendu vivre sur la Croisette à Cannes et être agent de footballeurs.
Lors de son quatrième séjour, la direction de l'hôtel, qui a fourni au total 10.000 euros au jeune homme, a fini par se méfier et alerté la police, qui l'a interpellé lundi après-midi dans sa chambre.
Les numéros de carte bancaire, dont certaines étaient en opposition, correspondent à des sociétés ou des banques basées en Europe ou en Russie ou bien à des particuliers, a précisé la même source.
(Nouvelobs.com)

[BUSINESS] Wiltord ouvre un nouveau restaurant aujourd'hui (Le Progrès)

Déjà associé dans Le Ness aux Brotteaux, Sylvain Wiltord va ouvrir, aujourd'hui, un nouveau restaurant. Le « Lei », situé 145 rue Louis-Becker, proposera de la cuisine italienne. Associé à Christine et Thierry Di Litta, Sylvain Wiltord devrait être présent pour les premiers jours d'ouverture.

(Source : Le Progrès)

[USA] Quand Obama doit prouver qu'il est bien né Américain (L'Express)

Loin de la réforme des services de santé américains, sur laquelle planche le président américain, c'est un autre débat qui agite les Etats-Unis cet été: Obama est-il bien né sur le sol américain?

Habitué aux mises en scène médiatiques, Barack Obama ira-t-il jusqu'à entonner le refrain d'un des tubes de Bruce Springsteen, l'un de ses plus grands fans: "Born in the USA, I was born in the USA"?

(Source : L'Express)

En effet, la rumeur de campagne électorale devient le sujet de discussion favori de l'aile droite des républicains à l'été 2009: Barack Obama est-il bien né américain?

La rumeur voudrait que Barack Obama soit né au Kenya comme son père. Ici le père et le fils à la fin des années 1960 à San Francisco.

Reuters

La rumeur voudrait que Barack Obama soit né au Kenya comme son père. Ici le père et le fils à la fin des années 1960 à San Francisco.

On les appelle les "birthers", parce qu'ils doutent du fait que le président des Etats-Unis soit bien né sur le sol américain. Ces "nativistes" estiment que le certificat de naissance ("birth certificate", d'où leur surnom) délivré par les autorités de Hawai, où il a vu le jour en 1961, est un faux ou, en tout cas, qu'il est insuffisant. Et que Barack Obama serait peut-être né, comme son père, au Kenya.

La question peut sembler anecdotique. Mais contrairement à une autre rumeur portant sur sa prétendue foi musulmane, celle-ci a des implications légales. La Constitution américaine (article 2, section 1, clause 5) interdit aux Américains naturalisés de briguer et d'exercer un mandat présidentiel: seuls les Américains nés sur le sol américain sont éligibles.

Un certificat de naissance "curieux"?

Or le président des Etats-Unis est bien né à Honolulu, Hawaï, le 4 août 1961. Une copie scannée de son certificat de naissance a été diffusé sur Internet en juin 2008. Le directeur de la santé à Hawaï, le Dr Chiyome Fukino, répète à l'envi qu'il est bien né à la maternité de l'hôpital Kapiolani d'Honolulu. Et le groupe non partisan FactCheck.org, qui dépend de l'Université de Pennsylvanie, a passé l'original du document à la loupe avant de conclure à son authenticité l'été dernier.

Mais une poignée d'irréductibles, comme le commentateur Lou Dobbs ou le fils de Ronald Reagan, Michael Reagan, trouvent ce document "curieux". Tout ce que le document diffusé sur Internet prouve, selon Lou Dobbs, "c'est que l'original existe à Hawaï". Insuffisant à ses yeux.

L'hôpital Kapiolani d'Honolulu, où est né Barack Obama le 4 août 1961.

Jonathan Torgovnik/Getty Images/AFP

L'hôpital Kapiolani d'Honolulu, où est né Barack Obama le 4 août 1961.

Le débat latent depuis des mois remonte à la surface en cette période d'actualité relativement creuse... Il a été réactivé en début de semaine au Congrès par le vote d'une résolution saluant avec un peu d'avance le 50e anniversaire de l'entrée d'Hawaï dans l'Union. Une clause précisant que le président Obama y est né a provoqué l'émoi des "birthers".

La Maison-Blanche, irritée par la rumeur persistante, n'a de cesse de démentir leurs allégations... Robert Gibbs, son porte-parole, n'a d'ailleurs pas caché son exaspération, lundi au cours d'un point de presse. "Si j'avais de l'ADN à disposition, je calmerais ceux qui ne croient pas qu'il (Obama) est né ici. Mais j'ai une info pour eux: le président est bien né à Honolulu, à Hawaï, le 50e Etat du plus grand pays à la surface de la Terre. Il en est bien citoyen".

La presse hawaïenne s'est aussi employée à démontrer, avec un certain degré de fierté, qu'Obama est bien un "enfant du pays". Le Honolulu Adviser, par exemple, explique que le certificat de naissance existe bien, pourquoi les documents de l'époque présentent des différences lorsqu'on les compare à ceux délivrés aujourd'hui... Et rappelle que la naissance du petit Barack a même été annoncée dans ses colonnes le 13 août 1961.

La petite annonce parue dans le Honolulu Adviser le 13 août 1961.

Honolulu Adviser

La petite annonce parue dans le Honolulu Adviser le 13 août 1961.

Les Républicains gagnés par le débat... mais embarrassés

La théorie des "nativistes" gagne peu à peu du terrain chez les Républicains et dans la population. Et d'après Howard Kurtz, journaliste du Washington Post et animateur du show Reliable Sources sur CNN, le plus intéressant est de voir "combien les Républicains sont finalement embarrassés par les thèses défendues par ces voix qui se situent très à la marge".

Même ceux qui avaient élevé la voix la résolution portant sur les 50 ans de l'entrée d'Hawaï dans l'Union, comme Bill Posey, Marsha Blackburn ou d'autres que Talking Point Memo prend un malin plaisir à énumérer, ont fini par voter le texte, approuvé à l'unanimité par la Chambre des Représentants.

Sans aller jusqu'au discours (hilarant) de Jon Stewart lors de son Daily Show le 22 juillet dernier, Mark McKinnon, un conseiller du parti républicain (et de Lance Armstrong ou encore Bono!) ironise sur le blog The Daily Beast: "Et alors? Même s'il était né dans une grotte d'Afghanistan, je m'en ficherais". Attention, bientôt une nouvelle rumeur ?

dimanche 26 juillet 2009

[USA] Obama relance la question raciale (Libération)

Etats-Unis. Le Président a accusé la police, qui avait arrêté abusivement un professeur noir de Harvard, de s’être conduite de manière «stupide». Le débat s’enflamme.

(Source : Libération)

Les déclarations de Barack Obama mercredi sur l’arrestation d’un professeur noir de Harvard, à son domicile, alors qu’il en forçait l’entrée parce que la serrure était grippée, ont tourné au bras de fer avec les différents départements de police de l’Etat du Massachusetts. Ce fait divers, mis en exergue dans les commentaires du président américain, a relancé le débat sur la discrimination, réelle ou supposée, que subissent les Noirs et les Hispaniques aux Etats-Unis et montré que si l’élection d’un Noir à la présidence est considérée comme un progrès immense, les relations au quotidien, elles, n’évoluent que lentement. La demande d’excuses par la police de Cambridge pourrait néanmoins placer Obama dans une position difficile.

Serrure. Face à la tournure des événements, Obama a été forcé de revenir sur ses propos pour tenter de calmer les esprits. L’histoire démarre jeudi 16 juillet, quand une femme s’étonne de voir deux hommes noirs s’acharner autour de la serrure d’une maison voisine, à Cambridge, dans le Massachusetts. Elle alerte la police qui dépêche le sergent James Crowley sur les lieux. A son arrivée, l’homme soupçonné d’avoir forcé l’entrée de la résidence de cette banlieue chic de Boston, est déjà dans l’entrée de la maison.

Quand il est interpellé par l’officier, un Blanc, l’homme, qui n’est autre qu’Henri Gates Jr, l’un des universitaires noirs les plus influents du pays, auteur de livres et de documentaires, président du comité de sélection du Prix Pulitzer et directeur du prestigieux Institut W.E.B. DuBois sur la recherche africaine et afro-américaine de l’université de Harvard, refuse de présenter ses papiers et affirme qu’il est le propriétaire des lieux.

Un policier arrivé en renfort écrit dans son rapport avoir entendu le professeur Gates hurler : «C’est ce qui arrive aux Noirs en Amérique !» Après avoir finalement montré ses papiers d’identité et sa carte d’immatriculation de Harvard, Henri Gates est néanmoins menotté et emmené au poste pour «conduite contraire aux bonnes mœurs».

Ces charges seront abandonnées et le professeur rentrera chez lui après quatre heures au poste. Mais l’histoire fait le tour du pays et enflamme la blogosphère. L’universitaire exige des excuses du policier, qui refuse affirmant n’avoir fait que suivre les procédures en vigueur.

Loin d’esquiver la polémique, Barack Obama donne l’impression d’avoir attendu le moment opportun pour s’y mêler à son tour. S’il reconnaît ne pas connaître les faits dans tous leurs détails et être un ami de Gates, il n’hésite pas à affirmer que «la police a agi de manière stupide». Son commentaire a immédiatement mis de l’huile sur le feu. «Chaque membre du département de la police se sent insulté quand le leader du monde libre dit que vous avez agi de manière stupide», a déclaré Dennis O’Connor, président du syndicat de la police de Cambridge, réclamant du même coup des excuses d’Obama. Face à la fermeté de la police, Barack Obama s’est invité au point de presse quotidien de son porte-parole pour dire que ses propos n’ont pas contribué à calmer la situation, mais qu’il avait «bon espoir que cet événement permette de tirer des leçons». Avant cela il s’est aussi entretenu avec le sergent Crowley.

Progrès. Derrière les mots et les détails des circonstances qui ont conduit à l’arrestation de l’universitaire, c’est toute la question des relations raciales qui est débattue au grand jour. Obama n’en a pas fait mystère durant son intervention télévisée. S’il a admis que sa seule présence à la Maison Blanche en dit long sur les progrès réalisés depuis la fin de la ségrégation dans les années 1960, le pays a encore du chemin à parcourir. Ses propos confirment, du reste, la perception générale dans le pays. Après l’euphorie de son élection, qui avait soulevé un vent d’optimisme, le réel semble avoir repris le dessus. Quelques jours après l’élection, 42 % des Américains pensaient que les relations s’amélioreraient «un peu» et 28 % «beaucoup». Or, selon un sondage de CNN en juin, 62 % des Noirs et 61 % des Blancs pensent que rien n’a changé depuis l’arrivée d’Obama au pouvoir.

«Pas grand-chose n’a changé depuis son élection, hormis de manière subtile et ténue, affirme Cora Charles, 74 ans, résidente de la Nouvelle Orléans. Les relations dépendent des interactions particulières. J’ai été infirmière toute ma vie et mes patients étaient blancs. Ils avaient besoin de moi, j’étais donc respectée. Mais le fait est que les Noirs souffrent toujours de pauvreté et de discrimination de manière disproportionnée.» Pour Brigitte Chassot, suissesse d’origine résidant à Washington depuis trois ans, le choc américain a été de s’y découvrir «noire». «En trois ans, je ne me suis fait que des amis noirs, même si depuis l’élection d’Obama, les relations se sont apaisées.» Un sentiment qu’elle n’arrive pas à étayer par des faits. «Mais c’est comme s’il existait désormais une possibilité de réconciliation.»

mardi 21 juillet 2009

[IMMIGRATION] Et si on rentrait tous chez nous ? Pensées d’une immigrée (Le Monde)

par Camélia Kal.

Derniers au revoir, dernières étreintes passionnées mêlées de larmes et d'espérances, derniers youyous qui se fraient péniblement un chemin dans le brouhaha environnant, dernières bénédictions et les portes d'embarquement se referment. Nous sommes seuls désormais, une vie devant, une vie derrière. "Passeport!" hurle-t-il. Nous le sortons fièrement ouvert sur la page du visa, ce visa pour lequel toute une famille s'est relayée pour attendre l'ouverture des portes du Consulat de France, une journée d'Août sous le soleil africain. Nous sommes une élite africaine qui s'en va, qui reviendra peut-être, qui ne reviendra peut-être pas.

(Source : Le Monde)

Il va sans dire que le visa qui m'était alors délivré par la France était un pacte qui stipulait implicitement, non pas un renoncement de ce que j'avais pu être avant que les portes d'embarquement ne se referment derrière moi, mais une volonté de m'intégrer et de respecter les valeurs de la République. Qu'est-ce que cela peut bien dire? Est-ce renier mes origines, oublier mes croyances et diluer ma culture africaine un peu trop épicée ? Quand bien même je le désirerais ardemment, il y en aura toujours un pour me rappeler violemment d'où je viens. Non, on ne se défait pas de son identité de naissance, de gré ou de force.

La France ne me demandait pas un reniement, une apostasie identitaire ou religieuse. La France me demandait tout simplement, comme on me demanderait dans n'importe quelle société d'ici ou d'ailleurs, d'enlever mes babouches avant d'entrer dans la mosquée. Si ces dernières arrivaient à me manquer, je pourrais toujours les retrouver...dehors. Personne jamais ne m'en empêchera.

Voilà ma Liberté.

Ma diversité à moi n'est pas une vitrine derrière laquelle nous contemplerons, satisfaits, ces visages venus d'ailleurs se mêlant joyeusement à des visages "bien de chez nous" par souci de quotas. Ce n'est pas une histoire de discrimination positive, car positive ou négative, elle porte toujours le nom de discrimination.

Ma diversité à moi n’est pas non plus un Souk des cultures, un souk des couleurs ou des religions où chacun y hurlerait sa vérité en essayant de couvrir la toute autre vérité qu’hurle son voisin.

Ma diversité à moi me dit que je viens d'ailleurs, qu'il faudra que je me battre deux fois plus peut-être, mais elle me dit aussi que je suis un individu, indépendamment de mes origines, de mes opinions et de mes croyances, je fais partie de la société française, à part entière. Elle me dit: "Tout accorder en tant qu'individu, rien en tant que Nation". "Communauté" correspondrait mieux dans ce contexte.

Voilà mon Egalité.

Cela dit, mes portes sont toujours demeurées ouvertes pour ceux qui voulaient goûter mes tajines, écouter mes histoires venues d'ailleurs, pour ceux qui voulaient connaître ma culture. D'où qu'ils soient, quoiqu'ils puissent penser tant qu'ils désirent partager sans juger. Mes histoires et mes considérations, pour ceux qui n'en veulent pas, je les remets juste dans ma guitare.

Voilà ma Fraternité.

Oui Messieurs-Dames, « je suis d’un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier», mais je partage ces mêmes idéaux républicains, je partage cette même peur d’assister impuissante au démembrement de ce pays en communautés hétérogènes. J’ai peur de cette méfiance qui s'installe, de cette nausée qui semble tous nous indisposer. J'ai peur de cette gueule de bois le lendemain d'une folle et longue nuit où on s'est abreuvés sans modération d'idéaux de diversité et d'intégration non atteints.


Non, je n’ai pas oublié d’où je viens, j'en suis même fière. On ne se déracine pas le temps d’un aller simple Casablanca-Paris. Mais je suis fière aussi de dire que la France, c’est chez moi. Peu de gens comprennent ce qu’être « chez soi » signifie dans le cœur d’un exilé, ce qu’il faut d’amour et de frissons pour appeler une terre d’adoption « chez moi ».


Mes rêves d’enfant de France enrubannés sous un bras, une bouteille de Bordeaux sous l’autre histoire de chasser le goût amer de l'abandon, je m'en irai à grand regret. Je m'en irai quand les gens venus d'ailleurs ne seront plus les bienvenus parce qu'une poignée d'imbéciles parlent en nos noms, nous qui n'avons rien demandé. Je partirai quand je commencerai à penser que nous n’avons plus grand-chose à nous dire, plus rien à partager. J’irai alors vivre mes rêves inachevés là où ils ont commencé, un soir à Casablanca, entre deux lignes de Camus, entre deux refrains de Brassens, le jour où mon âme a hurlé du haut de ses douze ans, la tête dans les étoiles: « Je travaillerai dur à l’école et j’irai en France ! Que cela soit écrit, Inchallah!».

Mais je ne désespère pas, pas encore du moins car je sais que je ne suis pas seule, car je sais aussi qu'à la gueule de bois succèdent d'autres nuits d'ivresse, sauf que ces fois-ci, on pense à un peu plus diluer son vin. Que cela soit écrit... et accompli.

samedi 18 juillet 2009

[USA] Obama : «les Afro-Américains doivent se prendre en main» (Le Figaro)

Le président veut responsabiliser la communauté noire, tout en continuant à lutter contre les discriminations.

Nul autre que Barack Obama n'aurait pu adresser un message aussi direct à la communauté noire : «Pas d'excuses !» Jeudi soir, à l'occasion du centième anniversaire de la principale organisation pour l'égalité raciale, la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), le président américain a retrouvé le ton de ses meetings de campagne pour évoquer le combat contre la discrimination et appeler à «une nouvelle mentalité».

(Source : Le Figaro)

«Je comprends que certains soient tentés de penser que la discrimination n'est plus un problème en 2009, a déclaré le président américain, et je crois qu'il n'y a jamais eu aussi peu de discriminations en Amérique que maintenant. Mais ne vous y trompez pas : la douleur de la discrimination est encore ressentie aujourd'hui.» Le premier Noir à occuper la Maison-Blanche n'ignore pas les défis auxquels est confrontée la communauté afro-américaine. Mais il appelle chacun à «prendre en main sa destinée».

«Nous avons besoin d'une nouvelle mentalité, de nouvelles attitudes, dit-il, parce que le legs le plus durable de la discrimination est la façon dont nous avons intériorisé un sens des limites et le fait que tant d'individus, au sein de notre communauté, attendent si peu du monde et d'eux-mêmes.»

Le gouvernement peut agir pour créer plus d'égalité, mais Barack Obama, mêlant à l'occasion l'anecdote autobiographique sur son éducation, retrouve le ton du prêcheur pour dire : «Nous devons aussi nous saisir de notre propre destin.»

Priorité à l'éducation

D'emblée, il élargit le propos, notant que les discriminations touchent les Noirs, mais aussi les Latinos, les musulmans, les gays, un état de fait inacceptable à ses yeux. Il inventorie l'action de son gouvernement pour démanteler les barrières des «inégalités structurelles» héritées du passé, une tâche rendue plus difficile par la situation actuelle d'une économie «construite non sur un roc, mais sur du sable». Dans l'action engagée depuis son arrivée à la Maison-Blanche, il dégage quelques points forts : les programmes pour sauvegarder l'emploi à court terme, les réformes engagées de l'assurance-maladie et de la politique énergétique. Mais surtout, il parle d'éducation.

«Même si on fait tout ce qu'il faut, la communauté afro-américaine sera à la traîne de la société, et les États-Unis à la traîne dans le monde, si nous n'éduquons pas nos fils et nos filles bien mieux que nous ne le faisons actuellement», affirme le président. Il rappelle que des combats historiques pour les droits civiques ont justement porté sur l'éducation : la cause de Linda Brown, qui a donné son nom à l'arrêt de la Cour suprême ayant mis fin à la ségrégation dans les écoles en 1954 ; celle des «Little Rock Nine», les neuf élèves de Little Rock, en Arkansas, qui ont défié un gouverneur et une foule hostiles pour bénéficier de cette égalité en 1957.

Or, plus d'un demi-siècle plus tard, l'éducation reste très inégalitaire. Ce n'est pas un «problème afro-américain, c'est un problème américain», dit Barack Obama. Il détaille l'action gouvernementale, relativement modeste, vu l'organisation du système éducatif qui fait la part belle aux pouvoirs locaux : ceux-ci seront incités à être compétitifs en matière de résultats scolaires, subsides à l'appui. Et il évoque la visite récente d'un curieux trio venu plaider la cause de l'éducation à la Maison-Blanche : Al Sharpton, flamboyant militant des droits civiques, Mike Bloomberg, le maire de New York, qui a imposé une obligation de résultats aux établissements scolaires de sa ville, et Newt Gingrich, l'ancien président républicain de la Chambre des représentants, héraut de la révolution conservatrice de 1994. Si ces trois hommes aux opinions si diverses sont d'accord pour dire qu'il y a urgence, Barack Obama pense que tout le monde peut en convenir.

» DOSSIER SPECIAL - L'Amérique d'Obama