Pages

jeudi 11 juin 2009

[Politique] Pour Manuel Valls, il manque "quelques blancs" à Evry (Le Monde)

"Belle image de la ville d'Evry… Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blancos…" La phrase a été marmonnée, mercredi 10 juin, par Manuel Valls, député-maire socialiste d'Evry (Essonne), alors qu'il était filmé par Direct 8 pour l'émission "Politiquement parlant", parcourant les allées d'une brocante à Evry, et équipé d'un micro-cravate.

(Source : Le Monde)





Après le reportage, le député socialiste s'explique sur le plateau de Direct 8 : "Evidemment avec les stands qu'il y avait là, [j'avais] le sentiment que la ville, tout à coup, ça n'est que cela, (…) ça n'est que cette brocante, alors que j'ai l'idée au fond d'une diversité, d'un mélange, qui ne peut pas être uniquement le ghetto. On peut le dire, ça ? (…)"


"On a besoin d'un mélange. Ce qui a tué une partie de la République, c'est évidemment la ghettoïsation, la ségrégation territoriale, sociale, ethnique, qui sont une réalité. Un véritable apartheid s'est construit, que les gens bien-pensants voient de temps en temps leur éclater à la figure, comme ça a été le cas en 2005, à l'occasion des émeutes de banlieues"
, poursuit-il.

mardi 9 juin 2009

[Société] La CAF épinglée pour "discrimination" (Le Figaro)

La Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) estime que la Caisse d'allocations familiales (CAF) du Val-d'Oise a procédé à des contrôles "discriminatoires" en exigeant les passeports de travailleurs hébergés dans un foyer Adoma (ex-Sonacotra).

(Source : Le Figaro)

"Le versement de l’Allocation personnalisée au logement (APL) a été suspendu pour ceux non présents le jour du contrôle ou ayant refusé de présenter leur passeport aux agents de la CAF", explique la Haute autorité, qui "estime les contrôles de la CAF discriminatoires à l’égard des résidents du foyer Adoma à Argenteuil", dans un communiqué publié aujourd'hui.

Pour toucher l'APL, il faut résider dans le logement concerné pendant au moins 8 mois par an, sans condition de nationalité.

La Halde, qui rappelle que "le caractère discriminatoire fondé sur la nationalité est prohibé", "recommande à la CAF du Val-d’Oise de procéder à des méthodes de contrôles plus respectueuses des droits fondamentaux et du principe de non-discrimination et à la CNAF (Caisse nationale, ndlr) de rappeler les règles de droit applicables à l’ensemble des caisses placées sous son autorité".

[Politique] L'échec politique de la liste Dieudonné (20 minutes)

EUROPÉENNES - Avec 1,30% des voix, la liste anti-sioniste du comique n’est pas parvenue à attirer les électeurs d'Île-de-France...
Lorsqu’il a annoncé le 21 mars son intention de présenter une liste aux élections européennes, Dieudonné M'Bala M'Bala a appelé «tous les infréquentables» à le rejoindre. Force est de constater au lendemain du scrutin que le bulletin «Liste anti-sioniste» fait lui-même figure d’indésirable dans les urnes françaises. Avec 1,30% en Ile-de-France, la seule circonscription où il présentait une liste, le comique d’origine camerounaise obtient un «faible résultat» dont le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) «se réjouit» dans un communiqué diffusé ce lundi.
(Source : 20 minutes)


En Seine Saint-Denis, la liste a réalisé son meilleur score avec 2,83%. Suivent le Val d'Oise avec 1,60%, le Val de Marne (1,47%) les Hauts-de-Seine (1,37%), l'Essonne (1,03%), la Seine-et-Marne (0,97%), les Yvelines (0,88%). Dans Paris intramuros, son score atteint 1,02 %.
La liste de l’ancien acolyte d’Elie Semoun avait fait principalement campagne dans les banlieues défavorisées, auprès des populations musulmanes issues de l'immigration. La liste anti-sioniste déclarait lutter contre tous les communautarismes, accusant le sionisme de «coloniser» la France et d'étouffer la voix des minorités.


Mais sa liste «anti-sioniste» n'a pas mobilisé dans les banlieues d'Ile-de-France comme il l'espérait, dépassant rarement les 5% des suffrages y compris dans les quartiers où Dieudonné a concentré sa campagne. Une liste «EuroPalestine» s'était présentée en 2004 dans les mêmes banlieues. Moins radicale et moins provocatrice, elle avait enregistré des scores nettement supérieurs, atteignant jusqu'à 12% dans des quartiers sensibles de certaines villes.

Un provocateur volontairement tapageur

Antisioniste mais pas antisémite, prétend Dieudonné. La nuance n’est pas évidente. En premier pour ses militants, qui ont fait des déclarations à tout le moins ambiguës, lors des meetings de l’humoriste. Le «soutien symbolique» du terroriste pro-palestinien Illitch Ramirez Sanchez, alias Carlos, actuellement emprisonné, a également suscité l'émoi des autorités.
Provocateur volontairement tapageur, Dieudonné aime créer l'évènement. Il l'a montré le 26 décembre dernier en invitant Robert Faurisson à le rejoindre sur scène. Ancien maître de conférence à l’université Lyon-II, Robert Faurisson a notamment été condamné pour avoir comparé les chambres à gaz le génocide juif à «un seul et même mensonge historique».

L'humoriste fait d’ailleurs l'objet d'une enquête préliminaire pour injure antisémite suite à une vidéo postée sur Internet fin mai.
20minutes.fr avec agence

vendredi 5 juin 2009

[Musique] Décès de la chanteuse camerounaise Charlotte Mbango Grioo.com)

Charlotte Mbango est décédée ce matin à Paris. Elle a été emportée par un cancer du foie qui s'était généralisé.

Très populaire dans son pays natal, la chanteuse a fait danser des générations entières avec des tubes tels que Konkai Makossa ou Sengato, un duo accompli avec le regretté Tom Yom's décédé l'année dernière.

(Source : Grioo.com)

Se sachant condamnée, l'artiste avait demandé à ses amis dans le monde artistique et dans les médias de préparer son départ du mieux possible. Ces derniers devraient se réunir rapidement de façon à organiser une cérémonie et lui rendre les hommages qu'elle méritait.

Charlotte Mbango était mère de plusieurs enfants.

jeudi 4 juin 2009

[Spectacle] Une danse burkinabé agressive et grave à Paris (Le Monde)

Colère et impuissance. Frénésie physique et abattement. Le spectacle Poussières de sang des chorégraphes burkinabés Salia Sanou et Seydou Boro, à l'affiche du Théâtre de la Ville, à Paris, avance entre ces deux pôles. Binaire donc, un peu trop, il s'appuie sur sept danseurs et quatre musiciens. La chanteuse burkinabé Djata Melissa Ilebou, désespérément droite dans sa robe rouge vif, dégage la route pavée de corps d'une voix tremblée.

(Source : Le Monde)

Impossible aujourd'hui d'évoquer le continent africain sans mettre en scène la violence. Ce que font Salia Sanou et Seydou Boro en serrant les poings pour ne pas céder à la brutalité gratuite. Hors de question de jouer la cogne à la démesure de l'actualité. Qu'un coup de pied envoie balader les corps suffit pour situer les rapports humains. Quant au viol, une femme transportée les jambes écartées sur le dos d'un homme, et le scénario se passe de sous-titre.

Poussières de sang est une pièce sur la chute. Sans fin, les danseurs tombent. C'est au sol, sur un plancher peint aux couleurs d'argile rouge et blanche, qu'ils finissent à quatre pattes, prostrés, trouvant difficilement les ressources intimes pour se relever. La gravité a beau plomber les nuques, la hargne du groupe fait encore la loi. Régulièrement, des danses à l'unisson, dynamiques jusqu'à l'agressivité, entaillent le spectacle. Sur des percussions lancées au triple galop, ces séquences finissent par tourner à vide. On peut y lire bien sûr un sursaut de vitalité, une transe guerrière, mais aussi des enchaînements de pas trop bien appris.

L'invention gestuelle de Salia Sanou et Seydou Boro se révèle plus fine dans les duos et les trios. Le rapprochement des corps oblige à chercher des appuis nouveaux, à casser le rythme. On retrouve alors la qualité modelée dans les masses musculaires qui a fondé le style des deux chorégraphes, mais sans le moule qui fige.

NERVOSITÉS FREE JAZZ

Si leur vocabulaire chorégraphique se souvient des danses traditionnelles burkinabés, la musique en revanche se hérisse de nervosités free jazz. Tous les instruments africains - djembés, balafons, tambours d'aisselle... - sont curieusement redistribués par le saxophoniste Pierre Valana, seul artiste blanc en scène.

Poussières de sang est la plus grosse production de Salia Sanou et Seydou Boro depuis la création de leur compagnie en 1995. Installés à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, où ils ont ouvert en 2006 un centre de développement chorégraphique baptisé la Termitière, ils sont parallèlement en résidence depuis 2006 à la Passerelle de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor). C'est la deuxième fois que le duo est programmé au Théâtre de la Ville. Huit ans après Taagala, le voyageur, en 2001, Salia Sanou et Seydou Boro, repères incontournables de la scène africaine contemporaine, sont de retour.


Poussières de sang, de Salia Sanou et Seydou Boro. Théâtre de la Ville, place du Châtelet, Paris-1er. M° Châtelet. 20 h 30. De 12 € à 23 €. Tél. : 01-42-74-22-77. Jusqu'au 6 juin.

[Musique] Kery James : «Je vais arrêter» (Le Parisien)

Le rappeur triomphe avec son nouvel album mais affronte des ennuis judiciaires. Rattrapé par ses démons, le roi du hip-hop songe à s’exiler.

La victoire a un goût amer. Il y a cinq semaines, Kery James entrait directement numéro un des ventes avec son nouvel album, « Réel ». Devant Calogero, Olivia Ruiz et Depeche Mode. Un événement pour le rap français. « Cela aurait dû être l’euphorie, mais c’était une période tourmentée. Je n’ai pas pu en profiter pleinement », reconnaît l’artiste.

(Source : Le Parisien)

Et pour cause. Le soir de la sortie de son disque, le musicien se retrouvait en garde à vue, après avoir participé à une bagarre dans les studios d’une radio. A l’origine des faits : un différend contractuel avec un autre rappeur, Black V-ner. Kery James l’avait invité pour un duo sur son précédent disque. Son confrère estimait ne pas avoir été payé à la hauteur de sa participation. « J’étais dans une radio, dans le cadre de mon travail, et ce type surgit dans la station après m’avoir insulté et menacé sur Internet. Et même si ma riposte est disproportionnée, je n’ai pas envie d’être une serpillière quand on s’en prend à mon intégrité physique. »

« Rappeur, noir, banlieusard, musulman »

La star du hip-hop français sera renvoyée prochainement devant un tribunal correctionnel pour violences. « Cela faisait plus de dix ans que je n’avais pas eu affaire à la police. Je ne suis jamais passé aussi près de la case prison. » On lui demande s’il a des regrets. « Bien sûr, c’est dommage, mais c’était inévitable. » Et le modèle Kery James s’écorne soudain. Il avait pourtant prévenu sur l’ultime morceau de son nouveau disque, quasi prémonitoire. « En moi il y a de la tendresse mais j’peux être une brute/Dans ma bouche, il y a de la sagesse, mais il y a parfois des insultes. »


Le grand frère du rap se fait ainsi rattraper par ses vieux démons. « Je ne suis pas un exemple. Dans le rap on amène tous les problèmes sociaux avec nous. J’ai grandi dans un milieu violent, la misère divise ou rapproche, mais suscite aussi la jalousie. Porter plainte ? Ce n’est pas dans nos habitudes. » Les allergiques au rap jubilent en voyant l’un de ses meilleurs représentants franchir la ligne jaune. « Mon image en prend un coup. Mais les gens que je prétends représenter ont compris ce qui s’est passé et ne m’ont pas sanctionné. »

Quant aux autres, Kery James renonce à les convaincre, lui qui depuis quinze ans roule sa bosse dans le monde du hip-hop de son quartier d’Orly, jusqu’à l’Olympia ou au Zénith en décembre. « J’ai essayé de casser les clichés, de construire des ponts en faisant notamment un duo avec Charles Aznavour. Mais le rap reste sous-représenté médiatiquement. C’est le style le plus écouté en banlieue, fait en majorité par des Noirs et des Arabes. Si tu fais entrer cette musique-là à la télé, tu fais aussi entrer davantage de représentants de ces populations. C’est une vraie question de discrimination. »

A 31 ans, Kery James en a assez de se justifier sur ce qu’il est : « rappeur, noir, banlieusard, musulman ». Rien n’y fait, ni son slogan « On n’est pas condamné à l’échec » dans son tube « Banlieusards », ni son association « Apprendre, comprendre, entreprendre et servir » et ses actions de soutien scolaire, ni ses textes qui en appellent à la responsabilité de chacun. Les réfractaires au hip-hop ne retiendront que ses récents démêlés judiciaires. Alors, il va prendre ses distances. « Je vais arrêter la musique, le rap, pendant deux ou trois ans, partir à l’étranger, me ressourcer. J’ai besoin d’autre chose, de nourriture spirituelle forte. Les disques d’or, le fait d’être numéro un, ce n’est pas la cerise sur le gâteau, mais le résultat de quinze ans de travail laborieux. D’autres ont mis beaucoup moins de temps à y arriver. »

Kery James, « Réel », Warner, 12,99 €. En concert le 18 décembre au Zénith de Paris. Et le 6 juin à Vic-le-Comte, le 17 à Mérignac, le 19 à Beauvais, le 28 à Lezan, le 4 juillet à Argelès.

[Politique] Diversité: «L’effet Obama n’a pas duré longtemps» (Libération)

Rachida Dati, numéro deux de la liste (UMP) en Ile-de-France, lors d'une réunion publique dans laLe Cran (Conseil des associations noires) a réalisé une enquête sur la place donnée par les partis aux candidats représentant les minorités sur les listes aux européennes. Bilan: «Une très légère avancée», loin d'être «significative».

(Source : Libération)

Les partis vont-ils, dimanche prochain, faire rimer eurodéputés et diversité? S’il note «une très légère avancée», le Cran (conseil représentatif des associations noires), qui publie à chaque élection une enquête sur la représentation des minorités, n’en est pas à décerner un satisfecit, déplorant même que l’élection d’un président métis n’ait pas davantage coloré les listes des principales formations.

«L’effet Obama n’a pas duré longtemps», constate le Cran, qui évoque «une évolution trop faible pour être significative» et «pronostique jusqu'à 6 eurodéputés issus de la diversité» en France métropolitaine, le soir du 7 juin.

Avec, probablement, un poil de pessimisme. Outre les trois sortants, Tokia Saïfi (UMP, Nord-Ouest ) et les socialistes Harlem Désir (Ile-de-France) et Kader Arif (Ouest) seront reconduits. Numéro deux dans l’Est, Liêm Hoang-Ngoc, devrait rejoindre sur les bancs socialistes du Parlement. Et le numéro 3 sur la liste (PS) Sud-Est, Karim Zeribi, a ses chances. Pour le Modem, Chérifa Adaissi est en seconde position dans le Centre. Et Omar Slaouti conduit la liste du NPA en Ile-de-France.

Pour l’UMP, la Garde des Sceaux, un temps symbole du volontarisme de Nicolas Sarkozy en matière de promotion de la diversité, après son élection aux municipales, sera élue en Ile-de-France.

«Le PS fait mieux que l’UMP»

Première conclusion de l’enquête du Cran, réalisée sur la première moitié de chaque liste des partis dans les 7 régions hexagonales (soit 69): «le PS fait mieux que l’UMP» avec 10 candidats socialistes, contre 3 pour la majorité présidentielle.

Chargé des élections au PS, Christophe Borgel rappelle que la diversité faisait partie des principaux critères de composition des listes, comme «le rassemblement et le renouvellement». Chiffrant à 21-22% la représentation des minorités sur l’ensemble des listes, il estime que «l’objectif a été légèrement dépassé».

Saluée, en 2007, pour les nominations par Nicolas Sarkozy du trio Dati-Yade-Amara au gouvernement, l’UMP est, cette fois, pointée du doigt pour n’avoir pas transformé l’essai sur le plan électoral. «On parle beaucoup mais on agit peu», relève le président du Cran, Patrick Lozès, se déclarant «désagréablement surpris, après des prises de parole tonitruantes sur la question de la diversité» et la nomination de Yazid Sabeg, comme commissaire à la diversité.

Selon Kamel Hamza (UMP), de l’Aneld (Association nationale des élus locaux de la diversité), «ce n’est pas la diversité qu’a privilégié» le parti majoritaire. A l’inverse d’un scrutin uninominal, comme les législatives où les élus gardent la main sur leur fief, les européennes auraient pu permettre de faire émerger de nouveaux talents et de «récompenser les jeunes qui se battent dans des territoires compliqués», juge ce conseiller municipal à La Courneuve (Seine-Saint-Denis).

«Nomadisme électoral»

«Sur un scrutin de liste, on pourrait espérer que les choses soient plus faciles, confirme Patrick Lozès, mais c’est aussi une élection où les partis tentent de caser»... leurs apparatchiks. De manière générale, il pointe un «certain nomadisme électoral» subi par les candidats noirs, arabes ou d’origine asiatique, qui ne bénéficient guère d’«une vraie politique ancrée sur un terreau d’élus de la diversité et de responsables de partis».

Un reproche que récuse Christophe Borgel, assurant n’avoir pas recruté des candidats alibis à la dernière minute. «Si on veut, naturellement dans la vie du pays, constituer un vivier, c’est un travail de longue haleine qui ne s’entame pas quand on a le nez dans le guidon», promet-il, citant les municipales où le PS a «garanti l’entrée dans les exécutifs de candidats de la diversité. Être adjoint ou conseiller général donne plus de chances» pour les scrutins suivants.

L’impératif de placer les sortants ou autres prétendants de renom est, de fait, moins problématique pour les autres formations. «On n’est pas encombrés», plaisante Eric Azieire, chargé des élections au Modem. Le parti compterait, sur ses 69 candidats (non-suppléants), 8 centristes issus de l’immigration, dont Fadila Mehal, troisième en Ile-de-France et présidente des Marianne de la diversité.

A en croire Omar Slaouti, aussi candidat en Ile-de-France, le NPA (également à 8) a, de son côté, ouvert ses portes aux militants «des quartiers populaires» qui ne heurteraient pas aux «barrières» dressés dans d’autres partis: «Ce n’est pas que les partis n’aiment pas les arabes, mais chacun y suit sa stratégie individuelle, argumente-t-il. Chez nous, le rapport personnel au pouvoir n’existe pas.»

«Un pied à l’étrier»

Quant à Europe Ecologie (10 sur 69), Patrick Lozès, s’il juge que le compte n’y est pas, reconnaît avoir des exigences fortes, les Verts - pièce maîtresse du rassemblement - étant traditionnellement des bons élèves. Et «Cohn-Bendit a fait son autocritique, mention vérité, donc», nuance-t-il. Citant notamment Malika Benarab-Attou (Sud-Est) et Karima Delli (Ile-de-Franc), Cécile Duflot se dit «vigilante» et veut «préparer l’avenir». Une place sur une liste permettant à ces candidats de «mettre un pied à l’étrier». «C’est un paramètre important, jamais marketing, on ne va chercher personne, avant les élections, pour la couleur de sa peau», prévient la secrétaire nationale des Verts.

Reste que les efforts des partis, régulièrement rappelés à l’ordre, ne suffisent pas pour prétendre présenter aux élections des listes qui épouseraient la réalité sociologique du pays, conclut Lozès, les appelant à accentuer leur volontarisme. Non pour des raisons de «charité mais de justice». Et sous peine, avertit le président du Cran, de voir les électeurs «sortir de l’arc républicain» et bouder «les partis traditionels». Ces derniers «discréditent la parole politique en ne tenant pas leurs promesses, ajoute-t-il. Ils ne nous aident pas beaucoup à force de ne pas voir la diversité avancer.»