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lundi 7 septembre 2009

[PARTAGE] Avec l'AMAF, La francophonie vibre place Bellecour à Lyon (Le Progrès)

« Aider les femmes d'Afrique francophone à lutter contre le repli identitaire et inviter leurs enfants à être fiers d'être Français, c'est le sens des actions que mène avec énergie depuis des années, Delphine Baya du Congo-Brazzaville (aujourd'hui République du Congo) », témoignait Thierry Simporé, président de l'association des Burkinabé de Lyon, hier, place Bellecour. Le rassemblement, organisé avec la société Afro-Market, a réuni des représentants de treize nations africaines francophones.

(Source : Le Progrès)

S'y sont joints le Rwanda, l'Arménie, le comité Miss Rhône-Alpes et de nombreux groupes de jeunes (MJC, lycées, collèges et mouvements associatifs). Musique, danses, chants et témoignages ont traduit une incitation à « vivre mieux ensemble », à « mieux comprendre les richesses françaises » et à « respecter les différences ». « De famille algérienne, je suis venu soutenir l'initiative de Delphine, car moi, je remercie chaque jour mon père et la France de ce qu'ils m'ont permis d'être », a témoigné Mamar Djeroro, élu de Grigny. « Partager une autre culture, c'est s'enrichir, j'essaie donc de vivre cette nouvelle richesse », disait une Malgache en croisant la députée honoraire Bernadette Isaac Sibille et le maire d'arrondissement, Denis Broliquier, venus soutenir cette manifestation pas comme les autres.

[IMMIGRATION] Un Camerounais échappe à l'expulsion à la suite d'un malaise (Le Nouvel Obs)

Un Camerounais échappe temporairement à l'expulsion, à la suite d'un malaise à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Il devait s'envoler vers Douala dans le cadre d'une reconduite à la frontière.

(Reuters)

(Reuters)

Un Camerounais de 30 ans, qui devait partir samedi 5 septembre de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle dans le cadre d'une reconduite à la frontière, n'a finalement pas été expulsé en raison d'un malaise, a-t-on appris de source aéroportuaire et auprès de sa compagne.
(Source : Le Nouvel Obs)

Séverin Yaho, qui devait s'envoler vers Douala à 13H50, a fait un malaise devant le commandant de bord et a été débarqué, avant d'être renvoyé au centre de rétention de Vincennes (Paris XIIe), a expliqué sa compagne à l'AFP. Une source aéroportuaire s'est contentée de confirmer que M. Yaho n'avait pas pris l'avion et restait en France.


Le père d'une petite fille de 21 mois


Avant le décollage de l'avion, des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) avaient distribué des tracts dans le hall d'embarquement, demandant aux passagers de s'opposer pacifiquement à son expulsion.
La veille, un rassemblement avait déjà eu lieu devant l'école Louis-Pergaud à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), où est scolarisée la fille de sa compagne, "dont il s'occupe comme s'il était son père", selon Catherine Carré, membre de RESF.
Séverin Yaho a par ailleurs eu une petite fille, âgée aujourd'hui de 21 mois, avec sa compagne, en situation régulière.
Placé au centre de rétention de Vincennes le 20 août après avoir été condamné à une peine de prison et à une interdiction du territoire d'un an pour séjour irrégulier, Séverin Yaho était arrivé en France en 2003.

(Nouvelobs.com)

samedi 5 septembre 2009

[RELIGION] Un prêtre centrafricain administrateur de la paroisse Saint Paul de Lyon (Le Progrès)

Le père Yokofélé a pris connaissance de Saint-Paul lors du départ de Gilles Vadon / Photo Janine Chalavon

zoom

Le père Yokofélé a pris connaissance de Saint-Paul lors du départ de Gilles Vadon / Photo Janine Chalavon


Après le départ du père Gilles Vadon pour la Croix-Rousse, le père Léon Yokofélé est nommé administrateur des paroisses Saint-Paul-N.D. Saint-Vincent pour un an. Il a pris ses fonctions le 1er septembre.

(Source : Le Progrès)

Originaire de la République Centre Afrique, Léon Yokofélé, est prêtre Fideï Donum, c'est-à-dire « prêté à un diocèse français pour un temps déterminé ». En devenant administrateur des deux paroisses, il assume toutes les fonctions d'un curé, « On ne pouvait nommer un curé pour un an, explique Léon Yokofélé. Une réflexion sur le devenir, l'organisation des lieux de culte est en cours cette année. » Pendant un an, il travaillera avec les équipes paroissiales constituées et sera « présenté » aux fidèles le samedi 10 octobre, à la célébration de 18 heures. à Saint-Paul.

Pour le joindre : 04 78 28 67 93

ou yokofele@gmail.com

[GASPILLAGE] Les vacances grand luxe en France de Paul Biya font scandale (Afrik.com)

Le président camerounais peine à se défendre face aux accusations de dilapidation de fonds publics
Paul Biya est au centre d’un scandale au sujet du coût exorbitant de ses vacances à La Baule, en France. En trois semaines, le président camerounais et sa suite auront dépensé près d’un million d’euros, alors que la moitié de leurs concitoyens croupit dans la misère. Le ministre camerounais de la Communication évite la question du financement des vacances de son patron, préférant crier à la manipulation médiatique et à la tentative de déstabilisation du Cameroun.

Vendredi 4 septembre 2009, par René Dassié

« 1 million d’euros (…) pour dormir dans des chambres d’hôtel pendant un mois me semble hors de portée d’un pays pauvre très endetté qui n’arrive pas à mettre en place toutes les institutions prévues par la Constitution », a écrit mardi dans une lettre ouverte à Paul Biya, Chief Milla Assouté, l’ancien chef de file des modernistes du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir.

(Source : Afrik.com)

Aujourd’hui en exil en France, ce roi d’une importante chefferie camerounaise est passé dans l’opposition et anime désormais son propre parti, le Rassemblement Démocratique pour la Modernisation du Cameroun (RDMC). Comme lui, de nombreuses personnalités camerounaises se disent scandalisées par le coût exorbitant des vacances du président camerounais à La Baule, en France. Dans une autre lettre ouverte adressée cette fois-ci à Yves Métaireau le maire de La Baule et hôte de Paul Biya qu’il a décoré de la médaille d’honneur de sa ville, Dr Siméon KUISSU, chef de service au Centre hospitalier de Montreuil en banlieue parisienne et coordonnateur de l’association One Cameroun, lui rappelle que « c’est de La Baule qu’un président de la République française, François Mitterrand, honorant en cela la France, avait lancé le fameux appel à la bonne gouvernance, devant les chefs d’Etat africains réunis dans votre ville ». Des réactions de cette nature se multiplient sur Internet, depuis la révélation de la note salée de la virée estivale de Paul Biya en France.

Tout a commencé le 29 août dernier. Trois médias français, France Inter, Radio Fidélité Nantes et le quotidien régional Ouest France révèlent que le président camerounais suivi, par une délégation de plus de 40 personnes, a pris ses quartiers à l’Hermitage et au Royal, deux hôtels quatre et cinq étoiles de la Baule. Il a choisi cette commune de l’ouest de la France pour y passer trois semaines de vacances. Rien d’anormal à cela. Ce qui fait problème, par contre, c’est le coût de revient journalier de ces vacances : 42 000 euros pour les 43 chambres occupées. Une somme qui ne prend pas en compte les frais de restauration et de loisirs (casino, séances de thalasso, shopping etc.). La note à ce niveau est déjà salée : au bas mot 800 000 euros pour trois semaines. On est pourtant loin du compte. Il faut y ajouter aussi « les 340.000 euros par jour de location de votre avion qui attendrait au sol, (…) pendant 3 semaines ! », s’est exclamé Chief Milla Assouté, qui a conseillé au président d’interrompre ses vacances et de rentrer au Cameroun.

Panique à Yaoundé

La divulgation du coût de ses vacances a dû surprendre Paul Biya. En posant ses valises à Paris, début août, pour une visite privée qu’il a prolongée en vacances, celui-ci avait essayé d’assurer ses arrières. Il a en effet inondé une partie de la presse française dont Le Monde et l’Express, de publicités et de publi-reportages. Ce sont les médias épargnés par cette campagne de communication fort critiquée par la presse camerounaise qui ont levé le lièvre. Pris au dépourvu, Paul Biya se retourne vers La Baule +, un quotidien gratuit à faible tirage (40 000 exemplaire) vivant uniquement d’annonces publicitaires. Yannick Urrien, son Directeur de publication présenté comme un journaliste controversé et proche de nombreux élus de l’Union pour la majorité présidentielle (UMP), le parti du président français Nicolas Sarkozy, signe un éditorial fort critique à l’égard de ses confrères français, qu’il compare à des prostituées. « Certains s’étonnent encore de voir la profession du journaliste dévalorisée au point qu’un sondage récent indiquait que les Français plaçaient les journalistes et les prostituées à un même niveau de considération…C’est tout dire ! Les Baulois et les commerçants de La Baule viennent de vivre un bel exemple de manipulation médiatique », a-t-il écrit. Cet éditorial va permettre à l’Etat camerounais, fortement embarrassé par l’affaire, d’essayer de reprendre pied. Mardi, le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, ancien opposant passé dans le camp présidentiel, a convoqué la presse à Yaoundé pour s’expliquer. Dans la même journée, il a publié un communiqué officiel, dans lequel il cite, en les numérotant, de larges extraits de l’éditorial de Yannick Urrien. « Une fois de plus, le Chef de l’Etat camerounais est victime d’une agression de forces tapies dans l’ombre, qui manipulent les médias même hors des frontières nationales », a-t-il écrit. Pour lui, le Cameroun est tout simplement victime de manœuvres de déstabilisation. Son prédécesseur au ministère de la communication et aujourd’hui titulaire du portefeuille de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo que certains journaux camerounais qualifie souvent de Sakombi de Paul Biya [1] a fustigé de son côté « Ceux qui veulent aujourd’hui franchir le Rubicon (en couvrant d’opprobre l’apôtre de la démocratie apaisée) ». Cameroon Tribune, le quotidien gouvernemental camerounais, a également publié des articles reprenant la position gouvernementale.

Le gouvernement camerounais muet sur le coût réel des vacances de Paul Biya

Toutes ces réactions n’ont cependant pas convaincu grand monde. Pour de nombreux observateurs, les défenseurs de Paul Biya ont soigneusement évité les vraies questions : les chiffres publiés par la presse sont-ils vrais ? Qui de l’Etat camerounais ou de Paul Biya payera la note ? Silence radio du côté de Yaoundé. Interrogé par la BBC Issa Tchiroma Bakary s’est contenté de se demander si le président camerounais n’a pas le droit de faire ce qu’il veut de son argent. Ce à quoi de nombreuses personnes laissent observer que Paul Biya s’est toujours refusé à publier la liste de ses biens et à divulguer son salaire comme la Constitution camerounaise l’y oblige. Titus Edzoa, son ancien ministre et mentor, jeté en prison officiellement pour « détournement de fonds publics » après avoir divulgué son intention de briguer la magistrature suprême en 1997, avait dit de lui qu’il est l’homme le plus riche du Cameroun. Récemment, Paul Biya avait été épinglé par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), dans sa liste des dirigeants ayant mal acquis leurs biens. Selon le quotidien en ligne français Rue 89, ses vacances ont été plus chères que celles de Barack Obama le président américain, qui pour avoir loué une villa pour un montant compris entre 24 000 et 35 000 euros a provoqué une polémique en août dernier aux Etats-Unis.

Le Cameroun est l’un des pays les plus pauvres du monde, avec 48% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté. Il doit compter sur l’aide étrangère pour assurer sa survie. La France s’est d’ailleurs engagée à verser 537 millions d’euros sur cinq ans à ce pays d’Afrique centrale, pour son désendettement et son développement. Paul Biya, qui quitte La Baule samedi, a déclaré au quotidien Ouest France que « face à la crise, il est nécessaire que les pays industrialisés renforcent la solidarité internationale ».

vendredi 4 septembre 2009

[POLITIQUE] L'ambassade gabonaise à Paris accusée de fraude électorale (Libération)

Plusieurs Gabonais racontent avoir assisté à une fraude visant à favoriser l'élection d'Ali Bongo, dans les locaux de l'ambassade gabonaise à Paris.

Le Collectif des associations et citoyens gabonais de France a dénoncé mercredi des tentatives de fraude en faveur du candidat Ali Bongo dans les bureaux de vote installés à l'ambassade du Gabon à Paris, lors du scrutin présidentiel du 30 août.

(Source : Libération)

Nous «avons assisté à une tentative de fraude électorale impliquant personnellement notre ambassadrice, Félicité Ongouori-Ngoubili», écrit dans un communiqué le collectif. Le vice-président de la Commission consulaire électorale de Paris, Jean-Claude Kombila, a déclaré qu'un sac contenant «143 cartes d'électeurs» avait été saisi le 30 août à l'ambassade. «C'est moi-même qui ai fait le décompte des cartes», a déclaré M. Kombila, représentant de l'opposition.

«Notre candidat va mal»

Le sac avait été récupéré, un peu plus tôt, par un jeune Gabonais de 30 ans, Rodney Ekorezok, qui se trouvait à l'ambassade pour surveiller le bon déroulement du scrutin. Ce dernier a raconté avoir été approché en fin d'après-midi, à l'ambassade, par une femme qui lui a demandé s'il votait pour Ali Bongo, le fils du président défunt Omar Bongo. M. Ekorezok, qui était avec un ami, raconte avoir répondu «naturellement», et avoir été emmené dans une salle au 5ème étage où «8, 9 personnes étaient assises autour d'une table de réunion». «Là, entre une dame avec un sac noir qui nous dit: "notre candidat va mal, je vais vous distribuer des cartes d'électeurs".» M. Ekorezok assure avoir pris deux cartes et être descendu au rez-de-chaussée dans un bureau de vote désigné par cette femme, affirmant avoir voulu jouer les «infiltrés». «La personne qui devait faire la correspondance entre la pièce d'identité et la carte d'électeur ne le faisait pas. Les noms inscrits sur les cartes figuraient sur les listes électorales», a-t-il assuré.

Après avoir fait un «esclandre» dans le bureau, M. Ekorezok raconte être remonté dans la salle du 5ème étage avec plusieurs personnes pour s'emparer du sac que l'ambassadrice a alors tenté, assure-t-il, de récupérer. «S'ensuit une presque bagarre, et on a réussi à prendre le sac», avant de l'emporter dans la salle allouée à la commission électorale, poursuit-il.

Selon un témoin, le président de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap), au téléphone depuis Libreville, aurait proposé «10 millions de francs CFA» à M. Ekorezok pour qu'il ne révèle pas la fraude. Il n'a pas été possible d'obtenir mercredi soir de réaction de l'ambassade.

(Source AFP)

jeudi 3 septembre 2009

[IMMIGRATION] 17.000 sans-papiers ont été expulsés depuis le 1er janvier (Le Nouvel Obs)

Eric Besson affirme qu'il respectera son objectif de 27.000 reconduites à la frontière pour l'année 2009. Et de préciser qu'il ne compte "pas mettre fin" à la présence d'enfants dans les centres de rétention.

Une femme avec son enfant de 11 mois, au centre de rétention administratif de Rennes (Sipa)

Une femme avec son enfant de 11 mois, au centre de rétention administratif de Rennes (Sipa)

Quelque 17.000 sans-papiers ont été expulsés de France depuis le 1er janvier 2009, a annoncé le ministre de l'Immigration Eric Besson, jeudi 3 septembre."17.000 en situation irrégulière ont été reconduites à la frontière" entre le 1er janvier et le 31 juillet, a-t-il déclaré sur LCI.

(Source : Le Nouvel Obs)

"L'objectif qui m'a été assigné est de 27.000" pour l'année 2009, a rappelé Eric Besson. "On respectera à peu près cet objectif". Interrogé sur la présence d'enfants dans les centres de rétention, le ministre de l'Immigration a indiqué : "je ne vais pas y mettre fin", assurant que cette pratique restait "assez rare".

"Libres de choisir d'amener ou pas leurs enfants"


"Les étrangers en situation irrégulière sont libres de choisir d'amener ou pas leurs enfants dans un centre de rétention ou de les confier à l'extérieur", a affirmé Eric Besson.
"La circulaire et le décret qui permettent la rétention, qui fait qu'on a des chambres adaptées pour les enfants, ont été signés par Lionel Jospin, par Daniel Vaillant, par Elisabeth Guigou", a en outre rappelé l'ancien du PS.

"L'alternative en Europe, c'est la prison. Moi je préfère, de très loin, la situation française".
Nouvelobs.com avec AP)

mardi 1 septembre 2009

[LITTERATURE] Un Congolais attaque la BD "Tintin au Congo" pour racisme (Le Parisien)

Nouvelle procédure à l’horizon contre "Tintin au Congo"

Deux ans après une plainte déposée en Belgique, une procédure devrait être engagée en France contre la société éditrice de « Tintin au Congo ». Le plaignant estime le contenu de la BD «raciste».

Bienvenu MBUTU s’impatiente. En 2007, ce Congolais installé en depuis vingt ans a porté plainte contre la société Moulinsart qui exploite les droits de l’oeuvre d’Hergé, le créateur de Tintin. Ce comptable de 41 ans voulait faire retirer du commerce l’album « Tintin au » dont il considère le contenu comme étant raciste.

(Source : Le Parisien)

Sans nouvelles de l’instruction, ses avocats ont relancé la procédure cet été, mais le juge de a estimé, la semaine dernière, que l’accès au dossier était « prématuré ». Toutefois, Jean-Claude Ndjakanyi et Gilbert Collard prévoient de lancer en parallèle une action judiciaire en France.

« On laisse penser que les Noirs n’ont pas évolué »

Deuxième volet des aventures du reporter, « Tintin au Congo » a été publié en 1931, puis en 1946 en couleur. Malgré les corrections apportées au texte par Hergé, Bienvenu Mbutu estime que cette bande dessinée donne toujours une image « dégradante » et « offensante » des Noirs du Congo, ex-colonie belge. « Le personnage du petit aide de Tintin est présenté comme stupide et sans qualités, indique Bienvenu Mbutu. On laisse penser que les Noirs n’ont pas évolué, qu’il faut les motiver pour travailler… Ces caricatures sont choquantes. » De son vivant, Hergé s’est expliqué sur « Tintin au Congo ». « J’étais nourri des préjugés du milieu bourgeois dans lequel je vivais. J’ai dessiné les Africains d’après les critères de l’époque », affirmait Hergé en citant le « paternalisme belge » vis-à-vis des habitants de ses colonies. Cette époque est révolue, mais Bienvenu Mbutu pense qu’il y a toujours un « danger ».
« Pour les enfants qui lisent cet album, le Congo c’est ça, reprend le comptable. Ça peut consolider les préjugés envers les Congolais. En Belgique, certains gardent de nous une vision caricaturale. » Bienvenu Mbutu, dont le but reste de faire interdire l’album, se réjouit de la récente décision de la bibliothèque municipale de Brooklyn à New York, qui a retiré de ses rayons « Tintin au Congo ». « Suite à des plaintes, un comité de révision a jugé le contenu raciste. Désormais, l’album est sous clé, consultable sur demande par des chercheurs ou des lecteurs avisés », précise le comptable. Sur son blog, le président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a salué une « sage décision ». « Le problème n’est pas que l’on ne puisse pas lire Tintin au Congo , argumente Patrick Lozès. Beaucoup le lisent avec la distance nécessaire et comprennent bien que la représentation des Noirs dans cet album est caricaturale et symptomatique de l’inconscient collectif de l’époque. Le problème, c’est que cet ouvrage, tel qu’il est présenté aujourd’hui, est lu par de jeunes esprits qui ne peuvent pas tous faire la part des choses entre la caricature et la réalité. » Pour éviter les actions judiciaires, Patrick Lozès suggère que les éditeurs ajoutent un texte pédagogique à l’album.

« Anachronismes faciles »

Après la mise à l’index de « Tintin au Congo » à Brooklyn, la société Moulinsart a réagi par un communiqué. « Juger le contenu d’une œuvre ne vaut que si on la replace dans le contexte de l’époque où elle a été publiée. Lire en plein XXI e siècle un album de Tintin datant de 1931, demande un minimum d’honnêteté intellectuelle. Celle-ci nous garde de sombrer dans les anachronismes faciles et trop couramment complaisants », estiment les ayants droit d’Hergé.