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mercredi 3 février 2010

[POLITIQUE] L'UMP investi le Secrétaire-général de l'Organisation de la Presse Africaine en position éligible aux élections régionales

Le Secrétaire-général de l’Organisation de la Presse Africaine, Nicolas Pompigne-Mognard, a confirmé lundi avoir reçu l’investiture du Mouvement Populaire (UMP) en troisième position (éligible) sur la liste présentée aux élections régionales françaises de mars 2010 dans le département de Tarn-et-Garonne, région Midi-Pyrénées.

Né à Valence d’Agen (Tarn-et-Garonne), et doté de la double nationalité française et gabonaise, Nicolas Pompigne-Mognard est notamment Directeur-délégué du groupe Le Petit-Journal, un groupe de presse implanté dans 11 départements du Sud-ouest de la France, membre fondateur de la fédération UMP de Tarn-et-Garonne, et Délégué cantonal de l’UMP à Valence d’Agen.
« Mon engagement politique en France est connu de tous au sein de l’Organisation de la Presse Africaine, et aucune incompatibilité n’est prévue par les statuts qui régissent notre Organisation », a indiqué Nicolas Pompigne-Mognard, qui a par ailleurs annoncé sa candidature aux prochaines élections cantonales françaises de 2011 contre le Président national du Parti Radical de Gauche, Président du Conseil-Général de Tarn-et-Garonne, sénateur et PDG du groupe La Dépêche du Midi, Jean-Michel Baylet.

Concernant le parcours Nicolas Pompigne-Mognard :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Pompigne-Mognard

[TOGO] Kofi Yamgnane privé de campagne pour la présidentielle (France Info)

L’ancien secrétaire d’Etat français était candidat à la présidentielle togolaise, le 28 février prochain. Jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle s’en mêle... Et décide aujourd’hui de rejeter sa candidature.

C’est une décision “qui ne repose sur rien” dit le principal intéressé... Et pour cause : sur décision de la Cour constitutionnelle du Togo, Kofi Yamgnane ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle du 28 février prochain.
La Cour a relevé que, sur ses papiers d’identité français, Yamgnane était né le 11 octobre 1945 ; et sur ses documents togolais, le 31 décembre 1945.

“Cette situation est de nature à semer la confusion sur l’identité de la personne et par voie de conséquence à fragiliser la sécurité juridique et judiciaire inhérente à la magistrature suprême du pays”, a tranché la Cour.


Kofi Yamgnane empêché de se présenter à la présidentielle au Togo : l’ancien secrétaire d’Etat français dénonce des manœuvres politiques. Il répond à Hervé Toutain (3'30")



Qui a dit argument spécieux ? Kofi Yamgnane lui-même ne s’y est pas trompé.
Selon lui, cette décision ne vise qu’à écarter le candidat le plus dangereux pour le parti au pouvoir, le Rassemblement du Peuple togolais. Le RPT a investi, le 12 janvier dernier, le président sortant Faure Gnassingbé, élu en 2005 dans des circonstances chaotiques et fils du général Eyadéma, qui a dirigé le pays pendant 38 ans...

Dans l’immédiat, Kofi Yamgnane annonce avoir déposé un recours en annulation... Mais une décision de la Cour constitutionnelle n’est pas normalement susceptible d’appel.


Il n’y a pas de recours possible, sinon que de demander à la Cour constitutionnelle de revenir sur sa décision. L’avocat de Kofi Yamgnane, Me Christian Charrier-Bournazel (0'55")

[DIASPORA] L'ambassadeur du Burkina Faso en visite au Centre culturel œcuménique (Le Progrès)

Présent à Lyon pour une mission économique pendant quelques jours, Beyon Luc Adolphe Tiao, ambassadeur du Burkina Faso en France, a profité de sa première visite officielle pour se rendre, samedi, à Villeurbanne et venir au CCO, rencontrer l'ensemble de la communauté burkinabée de la région. Durant plus de deux heures, en présence de Jean-Paul Grollemund, Consul honoraire du Burkina, et de Thierry Semporé, président de l'association des Burkinabés de Lyon, un large débat très constructif et ouvert s'est établi entre les participants et Beyon Luc Adolphe Tiao. Les sujets les plus divers ont été abordés : le fonctionnement des services de l'ambassade, les échanges universitaires, la question de la régularisation des sans-papiers, celle de la double nationalité, les modalités de l'étude de l'aide au retour… En conclusion de cet après-midi, Beyon Luc Adolphe Tiao en a profité pour remercier les collectivités locales qui ont apporté leur aide à son pays lors des terribles inondations du 1er septembre 2009. En soirée, les familles se sont retrouvées pour un repas musical. Ce fut l'occasion pour le président de l'association, Thierry Semporé, de présenter les actions de 2010, parmi lesquelles la Semaine de la francophonie début mars à Lyon et, courant mai, une journée culturelle au CCO. L'association participe également au collectif qui prépare le 50e anniversaire de l'indépendance des pays africains.

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mardi 2 février 2010

[ASSOCIATION] Patrick Lozès aura-t-il le cran de défier la justice ? (afrik.com)

Le TGI de Paris a annulé son élection à la tête du CRAN, mais il veut y rester.
Le Tribunal de grande instance de Paris a annulé, la semaine dernière, la reconduction, fin novembre 2008, de Patrick Lozès à la tête du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN). La même décision interdit à certains de ses opposants de faire usage de la dénomination CRAN. Le camp Lozès prétend qu’il continuera de gérer l’association, la décision de justice étant susceptible d’appel. Mais pour ses adversaires, le CRAN n’a plus de président.

Nouvel imbroglio à la tête du CRAN. Dans une décision rendue mardi dernier, le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris annule la reconduction de Patrick Lozès à la tête de l’association. Pour les adversaires de Patrick Lozès qui lui reprochaient d’avoir été réélu de façon irrégulière lors de l’assemblée générale de l’association qu’il avait convoquée le 23 novembre 2008, cette décision constitue une victoire.

Seules les associations membres du CRAN, qui sont des personnes morales, avaient en effet été autorisées à voter ce jour-là, pas les personnes physiques. « (…) Il ne résulte d’aucune de ces dispositions que les personnes physiques soient exclues des votes soumis à l’assemblée générale que ce soit pour définir la ligne du Cran ou pour élire son président », a argumenté le TGI, citant les statuts de l’association.

Toutefois, Patrick Lozès, qui avait de son côté demandé au tribunal d’interdire à certaines personnes d’agir au nom du CRAN, a également eu gain de cause sur ce point. Le jugement interdit ainsi aux principaux adversaires du président contesté, à l’instar de Nathalie Daouda, Françoise Jupiter, Maguy Gestel et Charles Lebelge Jombi, sous astreinte de 1000 euros par infraction, d’utiliser la dénomination du CRAN.

Panier à crabes

L’origine du contentieux remonte à un peu plus d’un an. Le 18 octobre 2008, à Paris, une assemblée générale présidée par Nathalie Daouda, membre de l’association, voit se cristalliser deux blocs antagonistes entre pro et anti-Lozès. Elle s’achève dans la confusion sans que l’ordre du jour ait été épuisé. Il n’y a pas eu d’élections, et une motion anti-Lozès déposée par les partisans d’un audit de sa gestion de l’association n’a pas été examinée.

Le 15 novembre, Nathalie Daouda convoque une nouvelle assemblée générale, pour examiner les points laissés en suspens la dernière fois. Il en sort un directoire de six personnes censé remplacer l’équipe Lozès. Mais ce dernier ne s’avoue pas vaincu. Une semaine après, le 23 novembre, le conseil d’administration du CRAN, qui lui est resté fidèle, organise sa propre assemblée. A cette occasion, Patrick Lozès est reconduit dans ses fonctions de président.

Désormais irréconciliables, les deux parties saisissent, chacun de leur côté, la justice, au premier trimestre 2009. Un seul objectif de part et d’autre : obtenir l’interdiction du groupe adverse comme représentant du CRAN. Mariam Babale Mevaa, membre du directoire qui a intenté en solitaire son action contre Patrick Lozès, demande alors au tribunal d’ordonner la désignation d’un administrateur judiciaire qui remplacera ce dernier jusqu’aux prochaines élections.

Une décision de justice controversée

La décision rendue le 26 janvier dernier par le TGI de Paris n’arrange totalement les affaires d’aucun des deux camps. Dans le camp Lozès, on tente de minimiser l’impact du jugement. « Je suis président du CRAN, je reste président du CRAN, je le reste jusqu’à la prochaine élection » a réagi Patrick Lozès, interrogé par Grioo.com. « Une nouvelle élection sera organisée dans les meilleurs délais. Patrick Lozès sera naturellement candidat à la présidence du CRAN. (…) Le jugement n’étant pas assorti de l’exécution provisoire, il ne pourrait s’appliquer qu’en l’absence d’exercice d’un appel, lequel doit être formé dans le mois suivant la notification du jugement », lit-on dans un communiqué adressé à Afrik.com par Philippe Moreau, directeur de la communication et conseiller de Patrick Lozès. « Les membres du Conseil d’administration du CRAN renouvellent leur confiance à Patrick Lozès qui demeure, donc, président du CRAN jusqu’aux prochaines élections », ajoute le communiqué.

Chez les anti-Lozès, cette vision des choses fait sourire. « Je vous renvoie à la première page du jugement où il est marqué "Expédition exécutoire". Le CRAN pour l’instant, n’a pas de président. La décision du juge constate la nullité de son élection. Pour aller plus loin, ce qu’il a fait depuis novembre 2008 est entaché de nullité. Nous avons désormais un CRAN sans président et sans bureau », observe Mariam Babale Mevaa, ancienne secrétaire général adjointe de l’association, et seule membre du directoire à n’avoir pas été interdite de parler au nom du CRAN par le jugement. « Nous avons pris acte de la décision. Nous sommes en train de réfléchir quant à la suite à lui donner », conclut-elle. « La décision rendue ne va pas assez loin. On ne sait pas exactement qui peut aujourd’hui prétendre agir au nom du Cran, sans enfreindre ce jugement », commente Emmanuel Ntonga, ancien porte-parole du directoire. « On s’achemine vers une procédure en appel », ajoute-t-il.

[MEDIA] La Ferme Célébrités en Afrique vue par les... Africains (lepost.fr)

Comme beaucoup de spectateurs, et je dirai même davantage que bien des spectateurs, nous qui vivons en Afrique, nous avons tenu vendredi passé à regarder le lancement de la Ferme Célébrités en Afrique.

Mettre l'Afrique à l'honneur par l'intermédiaire d'un programme de télé réalité, voilà qui change singulièrement des éternelles émissions sur les coups d'Etat, l'instabilité économique, le népotisme, la malnutrition et j'en passe....

Le plateau était convenu et le décor était censé représenter ce qui dans l'imaginaire d'un étranger doit forcément être l'image même du continent africain. Sauf erreur de ma part, je pense avoir repéré des reptiles qui n'avaient pas grand chose à voir avec le thème de la soirée. Peu importe après tout, il faut savoir faire le show.

La première déconvenue est le pays choisi. L'Afrique du Sud se trouve bien sur le continent incriminé, mais c'est certainement le pays qui est le plus éloigné possible de l'Afrique "authentique". C'est le plus riche et le plus développé du continent. Je crois que ce choix est dicté par l'âge et les conditions physiques des concurrents, il faut en effet leur garantir des établissements de soins aux normes UE en cas de pépin: explosion d'implants mammaires, rupture de prostate ou dentier cassé.

Deuxième déconvenue, le lieu. La réserve privée de Zulu Nyala se trouve dans la région de Hluhluwe. Elle possède un lodge très luxueux "tout confort" composé de 35 chalets en pierre et ardoises ainsi qu'une suite. Piscine, Tennis, Bar, TV satellite etc... ??? Cela n'a pas été montré sur les écrans....? Un oubli de la production très certainement involontaire! D'ailleurs si vous possédez quelques centaines de milliers d'euros, vous pouvez vous offrir un parc similaire. De nombreux sont en ventes depuis quelques années.

Troisième déconvenue, l'arrivée des "Célébrités" : Hummer Limousine ? Le ranger français est bien plus crédible avec son défender hors d'âge qui, lui, est un véritable véhicule africain. La troupe de zoulou qui dansait devant l'entrée de la réserve? Certainement un groupe folklorique payé pour ce service. Costumes-cravates, robes de soirée, talons aiguilles... toute la panoplie de l'Afrikaneer était réunie chez nos braves "fermiers". Il manquait visiblement un soupçon de sincérité dans la gamme des émotions qui se lisaient sur le visage des célébrités qui découvraient leur terrible lieu de vie.

Avec la mise en quarantaine dans un village Zoulou de deux candidats trop "snobs", on se dit qu'il va y avoir peut être matière à s'amuser. Hélas, le village est à l'image des danseurs, c'est un décor. Une case de vie, avec matelas et oreiller quand en Afrique on dort sur une natte a même le sol...

Vous l'aurez compris, la Ferme Célébrités en Afrique est un programme complaisant, sans véritables difficultés. Quelques "bons sauvages", de pseudos villages traditionnels, quelques animaux et en fin de compte une image encore et toujours dénaturée de l'Afrique. Dommage... mais cela ne doit pas gâcher le plaisir du téléspectateur car après tout, il y a quelques belles images de paysages et d'animaux... c'est l'essentiel.

lundi 1 février 2010

[DIPLOMATIE] Visite surprise de Kouchner à Bamako (Le Figaro)

Le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, est arrivé ce soir à Bamako a constaté le correspondant de l'AFP. Selon un responsable malien requérant l'anonymat, cette visite "de quelques heures" du ministre français des Affaires étrangères devait être consacrée aux "négociations pour la libération de l'otage français" que la branche maghrébine d'Al-Qaïda menace d'exécuter.

Cette visite n'avait pas été annoncée et M. Kouchner n'a fait aucune déclaration à son arrivée à l'aéroport de la capitale malienne, a constaté le correspondant de l'AFP.
Interrogé à Paris, le ministère français des Affaires étrangères a confirmé lundi soir que M. Kouchner était arrivé à Bamako. "Il va y rencontrer le président du Mali", Amadou Toumani Touré, a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero.
Le chef de la diplomatie francaise a été accueilli par la Ministre de la Promotion de la Femme et de l'Enfant et de la Famille, Maïga Sina Damba.

"Le ministre français sera +immédiatement+ reçu par le président malien Amadou Toumani Touré (...) Il est clair que la préoccupation du moment, c'est le sort du ressortissant français. Je veux insister : son sort nous préoccupe", a déclaré le même responsable malien. Le Français Pierre Camatte avait été kidnappé le 26 novembre à Ménaka, une ville du nord-est désertique du Mali.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui retient en otages six Européens au Mali, avait menacé le 10 janvier d'exécuter l'otage français, si quatre de ses combattants (deux Mauritaniens, un Algérien et un Burkinabè) détenus au Mali n'étaient pas libérés d'ici le 30 janvier. Mais Aqmi a finalement repoussé à une date indéterminée cet ultimatum qui expirait dans la nuit de samedi à dimanche. "Même si l'ultimatum a été repoussé, il est urgent d'agir", a souligné l'officiel malien interrogé par l'AFP.
La menace d'assassinat de l'otage est prise d'autant plus au sérieux qu'Aqmi avait annoncé, en juin, avoir tué, pour la première fois, un otage occidental, le touriste britannique Edwin Dyer. Le rapt de Pierre Camatte au Mali avait été suivi des enlèvements en Mauritanie de trois Espagnols, le 29 novembre, et de deux Italiens, le 18 décembre.

[SOCIETE] Immigrés: "Montrer par leur absence, la nécessité de leur présence" (lejdd.fr)

Le collectif "La journée sans immigrés – 24 heures sans nous" investit le Cabaret sauvage, dimanche, pour un concert de soutien avant la grande journée de mobilisation du 1er mars. L'occasion de faire le point sur cette initiative avec le porte-parole du collectif, Nadir Dendoune.

Vous organisez un concert, dimanche, au Cabaret sauvage. Une première étape avant le rassemblement du 1er mars?
Ce concert est une manière de sensibiliser à quatre semaines du 1er mars, mais aussi de rester indépendants car nous ne voulons pas être récupérés par des partis politiques ou des associations. Cela va nous permettre de faire entrer un peu d'argent dans les caisses afin de financer nous-mêmes les tracts et les affiches de la "journée sans immigrés". Le concert est aussi une manière de faire parler de nous et de notre journée d'action.

Comment vous est venue l'idée du collectif "La journée sans immigrés"?
Les propos de Brice Hortefeux, lors de l'université d'été de l'UMP à Seignosse en 2009, nous ont fait sortir de nos gonds. A ce moment-là, nous nous sommes dit qu'il fallait faire quelque chose. Ce n'est pas la seule raison, plutôt la goutte d'eau qui fait déborder le vase. On constate depuis une quinzaine d'années que les propos xénophobes, ainsi qu'une certaine stigmatisation à l'encontre des populations dites "immigrées", ne sont plus uniquement l'apanage de l'extrême-droite. Les dérapages des hommes politiques, de droite comme de gauche, d'Hortefeux à Frêche, sont de plus en plus banalisés, et ce, au plus haut sommet de l'Etat.

Quel est l'objectif de cette journée?
Nous n'avons aucune revendication. L'objectif est de marquer les esprits. Aujourd'hui, les fils d'immigrés – même ceux qui sont là depuis cinq ou six générations – sont perçus par une partie de la France comme des immigrés. Certaines personnes pensent encore que les immigrés sont tous des tires-aux-flancs. Pourtant, il suffit de prendre le métro à 5h30 du matin pour se rendre compte que sans les immigrés, ou sans ceux qui sont vus comme tels, la France ne marche pas.

Vous voulez bloquer le pays?
Non, notre but est de montrer que l'immigration n'est pas un problème mais une richesse. Pas une simple force économique, mais aussi une force culturelle. Et ça, il n'y a pas un seul homme politique qui a le courage de le dire… Nous exprimons donc un ras-le-bol. Nous en avons marre que l'on se serve de l'immigré à des fins électoralistes. Avec cette journée, nous allons essayer de montrer que le vivre ensemble est menacé. Et si rien n'est fait, dans vingt ans, ce sera trop tard.

Pourquoi avoir choisi la date du 1er mars?

«Montrer par leur absence, la nécessité de leur présence.»

Nous avons un peu calqué notre journée sur celle des Etats-Unis. En mai 2006, les immigrés latinos avaient décidé d'organiser une journée de boycott économique pour s'opposer à une loi visant à criminaliser l'immigration clandestine, alors que c'était eux qui faisaient marcher le pays. Ils avaient presque bloqué les Etats-Unis. Des villes comme Los Angeles avaient été paralysées. Les latinos avaient ainsi montré, par leur absence, la nécessité de leur présence.

A qui s'adresse cette journée? Et comment va-t-elle se dérouler?
La journée s'adresse aux Français issus de l'immigration mais aussi à tous ceux qui sont solidaires et conscients de l'apport de l'immigration dans notre pays. Le 1er mars, on les appelle à ne pas aller travailler mais aussi à ne pas consommer. C'est un boycott économique au sens le plus large.

Ne pas aller travailler est souvent plus facile à dire qu'à faire… Ne craignez-vous pas une faible mobilisation?
C'est pourquoi nous sommes actuellement en pleine négociation avec les syndicats pour essayer d'obtenir un appel à la grève. Nous réfléchissons aussi à d'autres armes. Nous avons, par exemple, prévu d'organiser des rassemblements entre midi et 14 heures devant des mairies à Paris, Lille, Lyon… Nous sommes en attente des autorisations. Pour l'heure, nous avons créé 35 comités dans toute la France et 60.000 membres nous soutiennent sur Facebook. Le jour J, la mobilisation va être effectivement compliquée à quantifier. Mais je pense que cela se ressentira dans les entreprises. Il y a quelques semaines, une femme de ménage, qui touche 700 euros par mois et qui a deux enfants, m'a dit qu'elle était prête à perdre une journée de salaire pour retrouver sa dignité. Il y a une vraie demande, nous recevons de nombreux mails, coups de téléphone… Des personnes m'ont déjà dit qu'elles avaient rêvé de cette journée.

«Nous allons envoyer une lettre à Nicolas Sarkozy»

Une manière également de faire passer un message au gouvernement en plein débat sur l'identité nationale?
Nous avons créé notre collectif bien avant ce débat. Cette journée n'est pas uniquement un message au gouvernement actuel, car on se rend bien compte qu'il y a aussi des personnalités de gauche qui tiennent ce genre de discours. Le 1er mars est un appel à la société en général. Il y a depuis longtemps – déjà en 2002 quand le FN est passé au deuxième tour – un climat propice à la stigmatisation de l'immigration. Par contre, nous allons prochainement envoyer une lettre à Nicolas Sarkozy, qui est le premier fils d'immigrés de France (voir la lettre). Je suis certain qu'il va s'en rappeler, qu'il va être solidaire de notre cause et qu'il n'ira pas travailler ce jour-là. J'en suis persuadé.

Votre appel a été entendu dans d'autres pays?
Effectivement, l'Italie, la Grèce et l'Espagne ont lancé le même mouvement que nous, à la même date. Un collectif allemand doit aussi venir nous rendre visite dans les prochaines semaines pour, peut-être, reprendre l'initiative.

La journée du 1er mars, une première étape avant d'autres rendez-vous?
Cette journée est faite pour marquer les esprits. Si des politiques veulent s'emparer de notre initiative pour faire en sorte que l'on parle de l'immigration autrement, tant mieux. Mais pour nous, après la journée du 1er mars, cela s'arrête. Nous ne nous inscrivons pas dans le long terme. Sauf si, dans six mois, un an, il y a d'autres provocations. Alors nous serons peut-être amenés à faire deux fois plus fort. Mais, pour le moment, nous souhaitons que l'on parle de l'immigré dans d'autres termes, qu'on lui redonne sa juste valeur et sa juste place.