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vendredi 30 avril 2010

[DIASPORA] Réunionnite, maladie infantile des Congolais de France (Afrik.com)

Réunions, forums, colloques et autres rassemblements superfétatoires ponctuent la vie des Congolais de France, du moins de ceux qui se disent "hommes politiques". Pas un mois, pas un trimestre, ne passent sans un événement relatif à la politique congolaise. Mais pour quelles perspectives ? Quel contenu ?

A écouter ou à lire certains Congolais de France, voire d’Europe, les opposants au pouvoir de Denis Sassou Nguesso (opposants intra muros) s’engourdissent dans une torpeur empesée. Ce sont, somme toute, des feignants dépourvus de toute ambition digne de ce nom. Alors, eux, les Congolais de l’étranger (extra muros), apparaissent comme la véritable seule alternative. Aussi multiplient-ils les réunions à Paris, Lyon, Bordeaux, pour, disent-ils, « réveiller les consciences ». Hier « le Conclave », aujourd’hui le « Cercle et rupture » ; « Développer le Congo autrement » par-ci, « la place de la tribalité dans le processus du développement au Congo-Brazzaville » par-là, etc. Le point commun entre ces diverses réunions demeure le constat selon lequel l’opposition congolaise locale peine à se rassembler et à se faire entendre. Mais c’est Marcel Guitoukoulou, le président du Congrès du peuple, qui livre la bonne analyse : « L’opposition congolaise souffre de la guerre des egos, à l’image des oppositions en Afrique », estime-t-il. Et d’ajouter : « L’idée de la présidence tournante du Front des partis de l’opposition au Congo n’est pas bonne, car elle désoriente nos concitoyens. Or ils ont besoin de s’identifier à un homme, à une femme, à un projet. S’il faut propulser Dzon, faisons-le ; s’il faut désigner Mierassa comme leader de l’opposition, faisons-le ; s’il faut que Guitoukoulou émerge, faisons-le... Le reste relève de la littérature ou de l’agitation. » Oui, comme la majorité des oppositions africaines, celle du Congo est atteinte d’une manie de l’éparpillement compulsif. Incapable, en effet, de se ranger derrière un seul homme. Dans deux ans, nul doute que chaque parti défendra ses propres couleurs aux Législatives. Pour autant, les réunions de France constituent-elles la solution ? Les Congolais de l’étranger ne perdent-ils pas leur énergie ?

Le vide complet

Il y a eu « Le Conclave » en juin 2006 à Paris, Porte de Versailles. Sous la houlette de l’outrecuidant archevêque Samuel Badinga, les principaux cardinaux de la politique congolaise de France s’étaient enfermés pendant des jours, sans parvenir à désigner un Pape. Résultat des courses : il ne reste rien de ce huit-clos ennuyeux. Pas même la présence d’un cardinal venu de Brazzaville, le général à la retraite Ngouélondélé, ne changea la donne. A la question : « Comment entendaient-ils faire partir Denis Sassou Nguesso du pouvoir ? », le général répondit par un silence assourdissant. Du moins il réfuta l’argument d’un coup d’Etat militaire.

Il y a ceux qui veulent développer le Congo « autrement ». Bonne idée ! Mais l’adverbe « autrement » pose problème. Plus que le contenu, ces illuminés privilégient le contenant. La méthode. L’on se croirait alors dans un pays déjà développé et que, pour prévenir une éventuelle crise, il faille changer de méthode. Comment ? Là-aussi, c’est le silence-radio. En fait, ces braves gens pensent la société congolaise avec le prisme européen ; ils ne tiennent pas compte des réalités locales. Normal, ils vivent tous en Europe. Oui, le Congo est un pays pauvre très endetté, et le contenu doit primer sur le contenant.

Il y a « le Cercle de la rupture », composé uniquement de visionnaires. Ou plutôt de rêveurs. Le 27 février dernier, ils ont tenu une réunion dans un beau restaurant du dix-neuvième arrondissement de Paris (même si les participants à cette réunion n’ont pas eu droit aux amuse-gueules). Qu’en est-il sorti ? Rien ! Excellents diagnostiqueurs, mauvais analystes. Ce 21 mars à Paris, rebelote. Cette fois, le « Cercle de la rupture » le promet, exposera « sa vision politique du Congo, permettant de transformer en profondeur le pays en le guérissant des maux causés par la culture politique rétrograde ». Ils prescriront donc les bons médicaments contre les maux diagnostiqués. Pour information, ce coup-ci un buffet sera offert à la fin de la réunion. Il y aura, dans quelques jours, le débat sur « la place de la tribalité dans le processus du développement au Congo-Brazzaville ». Un sujet bizarre qui, dès à présent, sent le roussi. L’on se demande ce que cela signifie. Certes tribalité ne veut pas dire tribalisme ! Mais, dans un pays où l’on tente stupidement de dresser le Sud contre le Nord, ces vocables ne sont pas bienvenus. En quoi le fait d’appartenir à une tribu et de l’affirmer peut-il aider le Congo à se développer ? Est-ce un droit à la différence ? Etre Téké ou Bembé aiderait-il plus le Congo à se développer ? Loin de plonger dans une mare de préjugés, parler de la place de la tribalité renvoie aussitôt au jugement de valeur et à un flagrant délit de communautarisme. Non, le Congo n’est pas une juxtaposition de tribus au sens étroit du terme, c’est un projet, une philosophie du vivre-ensemble. Le sujet est délicat, voire dangereux. Pour le traiter, les avis des sociologues, des ethnologues, des journalistes... sont nécessaires. Le prendre à la légère serait une faute. Il faut espérer que les organisateurs de ce débat ne tombent pas dans le piège de l’approximation. Par ailleurs, nul ne peut s’arroger le monopole de la pureté d’intention. Il eût fallu tenir ce débat au Congo-Brazzaville, dans la mesure où il concerne au premier plan les Congolais. A défaut, l’argent débloqué pour ces réunions, comme lors de l’inutile Conférence pour la consolidation de la paix au Congo-Brazzaville, aurait pu servir à une noble cause. Des tables-bancs, par exemple.

En réalité, seuls les friands du Coupé-Décalé, de Wengé-Musica, d’Extra-Musica ou du Quartier Latin, courent ces réunions. Du vacarme aphone, donc. Rien de profond ne s’y dégage. Les admirateurs de la belle musique, celle des Luambo Makiadi, Youlou Mabiala, Langa Langa Stars et Papa Wemba des années 1980-1990, soutiennent la véritable opposition congolaise, laquelle vit à Brazzaville, du moins y survit. Cela s’appelle l’harmonie, la synchronisation entre la musique et l’environnement.


mercredi 28 avril 2010

[DIPLOMATIE] Roland Roux de Chavanes Consul honoraire de Côte d'Ivoire en Rhône Alpes

Consul honoraire de Côte d'Ivoire dans la région, Roland Roux de Chavanes est également président de l'Union des consuls honoraires de France, dont le siège est à Lyon. Une fonction méconnue. Interview.

Comment vous êtes devenu consul honoraire de Côte d'Ivoire ?
Roland Roux de Chavanes : J'ai travaillé pendant plus de douze ans en Côte d'Ivoire où j'ai dirigé la branche Afrique de l'entreprise américaine Union Carbide. Quand j’ai quitté ce pays, en 1986, le président ivoirien Félix-Houphouët Boigny, avec qui j'avais de très bonnes relations, m'a dit : “Mon fils, j'aimerais bien que tu continues à aider la Côte d'Ivoire là où tu seras”. Je lui ai répondu que ce serait avec grand plaisir mais que je ne voyais pas bien comment. Quelques années plus tard, en 1992, il m'a nommé consul honoraire de Côte d'Ivoire.
C’est une fonction purement honorifique ?
Non, j’ai les fonctions d’un consulat général car on délivre les documents administratifs comme les passeports, les visas, les certifications de décès... De plus dans ma circonscription, je dois m'occuper de plus de 5 000 ressortissants ivoiriens. Enfin, ma mission, c'est également de favoriser les échanges économiques, culturels et diplomatiques entre la Côte d’ Ivoire et la région.
Concrètement, qu’est-ce que vous faites pour développer cette coopération économique ?
Malgré la crise, ce pays enregistre une croissance de 3 % et il dispose de vrais atouts. D'ailleurs, l'année dernière, j'ai emmené 30 chefs d'entreprise de la région en Côte d'Ivoire pour leur faire rencontrer les dirigeants politiques et économiques.
Résultat de ce voyage ?
Des contacts intéressants qui ont permis par exemple à Boccard, une entreprise lyonnaise spécialisée dans l'ingénierie nucléaire et pétrolière, d’ouvrir une filiale à Abidjan.
Mais ce conflit n’inquiète pas les investisseurs ?
Depuis l'accord de paix signé en 2007, la situation en Côte d'Ivoire s'est nettement améliorée. D’ailleurs, le chef des rebelles du nord, Guillaume Soro, a été nommé premier ministre par le président Gbagbo. Un symbole très fort, car c'est Soro qui en 2002 avait tenté de faire un coup d'Etat. Ce qui avait coupé le pays en deux avec le Nord contrôlé par la rébellion et le Sud du pays par Gbagbo.
Le pays est vraiment stabilisé ?
La guerre est finie et de plus en plus de ressortissants français, qui ont dû quitter la Côte d'Ivoire au moment de la guerre, retournent dans ce pays aujourd’hui. D'ailleurs, il n'y a plus une villa à louer à Abidjan.
Vous soutenez le régime politique en Côte d'Ivoire?
J'ai de très bonnes relations avec les dirigeants ivoiriens mais aussi avec les principaux opposants. En revanche, je ne fais pas de politique mais du diplomatique. Ma mission, c’est de représenter la Côte d’Ivoire.
Vous êtes en relation avec le ministère français des Affaires étrangères ?
J’ai accès au ministère des Affaires étrangères. Mais ce sont des contacts informels car les interlocuteurs du Quai d'Orsay, ce sont d’abord les ambassadeurs et non pas les consuls. Ce que je regrette d’ailleurs car nous jouons un rôle essentiel.
Mais vous en référez au Quai d’Orsay !
Non, je règle mes affaires à l'africaine. Et je ne reçois des instructions que du ministre des Affaires étrangères ivoirien. D’ailleurs, en cas de besoin, je rencontre le Premier ministre et le Président de la république de Côte d'Ivoire
Et vous avez des contacts avec les renseignements ivoiriens ?
Ici dans la région, je suis leur meilleur agent de renseignements ! Par contre, si j'ai besoin d'une information sur un ressortissant qui a commis des méfaits dans la région et que les Ivoiriens sont en mesure de me la donner, ils me la délivreront.
Mais avouez que les consuls honoraires ont une mission essentiellement mondaine !
C’est vrai que les consuls honoraires sont souvent dans les cocktails, les galas... Et d’ailleurs, ça peut faire partie de leur mission qui est de représenter leur pays. Mais ça ne se limite pas à des mondanités.

Vous êtes bien payé ?
On n'est pas rémunéré pour cette fonction qui est bénévole. Notre véritable titre, c'est consul ad honorem, littéralement consul pour l'honneur. Mais on bénéficie d’une immunité diplomatique dans le cadre de notre fonction et non pas dans notre activité professionnelle.
Mais vous êtes mal vu par les diplomates de métier !
On a une vraie légitimité dans la région, mais c’est vrai que parfois à Paris, les consuls honoraires sont parfois critiqués par le ministère des Affaires étrangères qui ne s'intéresse pas vraiment à nous.
Mais certains consuls honoraires ont utilisé leur fonction pour faire du business personnel !
Il y a eu des brebis galeuses. Certains avaient même acheté leur titre. Mais c'est fini cette époque où certains devenaient consuls honoraires pour avoir un titre, un réseau... Et faire du business. Aujourd'hui, les consuls honoraires sont vraiment impliqués dans la diplomatie régionale.
Et vous, vous faites du business avec la Côte d’Ivoire ?
Ça m’arrive mais c’est loin d’être la principale source de mon activité. En tout cas, quand ça m’arrive, je sépare nettement les deux.
Mais aujourd'hui encore, certains consuls honoraires ne connaissent rien au pays qu’ils représentent ?
Non, c’est impossible aujourd’hui. Car un consul est toujours nommé parce qu’il a au contraire une bonne connaissance du pays qu’il va représenter et où il a souvent vécu plusieurs années. En revanche, certains consuls honoraires ont un vrai besoin de formation. D'ailleurs, en partenariat avec l'EM Lyon et le Centre d'études de diplomatie et de stratégie à Paris, l'Union des Consuls honoraires de France, a mis en place une formation spécifique.


“Excellence”
Patron de Taplow Consulting France, une entreprise de “chasseur de têtes”, Roland Roux de Chavanes, 62 ans, est issu d'une famille de soyeux lyonnais. Mais il est né en Espagne où son père était cadre dirigeant chez Saint-Gobain. Puis il va passer sa jeunesse en Belgique et aux Pays-Bas avant de rentrer en France, où il intègre l’Ecole de commerce de Lyon. Embauché à 25 ans par l'Oréal, cet expatrié de naissance fera l'essentiel de sa carrière à l'international. Il parle d’ailleurs anglais et espagnol et baragouine le Baoulé, la langue de la principale ethnie de Côte d'Ivoire. Dans son bureau, trône le portrait de son “ami” Félix Houphouët Boigny, premier président de la Côte d'Ivoire. “Il y avait celui de Laurent Gbagbo mais on me l'a piqué !”, précise-t-il de sa voix calme et rassurante. En Côte d'Ivoire, on l'appelle “Excellence”, comme les ambassadeurs. “C'est un peu gênant au début, mais on s'y fait. Ils sont très respectueux des codes.” Marié et père de trois enfants dont un travaille dans la finance à Dakar, cet homme d'affaires-diplomate est un grand amateur de voile. Et un amoureux de la Côte d'Ivoire, son «deuxième pays». D’ailleurs, c’est lui qui présidait la commission chargée d’organiser la présidentielle, avant que le président Gbagbo ne prononce en février la dissolution du gouvernement en repoussant cette élection, une fois de plus. Mais évidement, ce diplomate préfère ne pas commenter cette décision qui a provoqué de nombreuses protestations en Côte d’ Ivoire et une répression musclée.

mardi 20 avril 2010

[JUSTICE] . Renault condamné pour discrimination (Le Figaro)

Le constructeur Renault a été condamné par la cour d'appel de Versailles à verser 249.900 euros de dommages et intérêts à un ancien cadre pour discrimination raciale, a-t-on appris mardi de sources concordantes. La 17e chambre sociale de la cour d'appel de Versailles a infirmé une décision du conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt de 2005, reconnaissant ainsi la discrimination en raison de son origine subie par un ancien cadre, selon une source judiciaire.


Le constructeur devra également verser 3.000 euros de dommages et intérêts à la CGT-Métallurgie, à l'UG des ingénieurs, cadres et techniciens CGT, ainsi qu'au Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), a ajouté la même source. Le MRAP a exprimé dans un communiqué sa "pleine satisfaction" après cette décision de justice.

Cet ancien salarié avait été engagé le 1er août 1970 par la Régie nationale des usines Renault comme cadre stagiaire avant d'être employé en contrat à durée indéterminée en janvier 1971, selon l'association. "A partir de la sixième année de son recrutement, il a subi une stagnation dans l'évolution de sa carrière et une politique de discrimination raciste directe et indirecte au sein de l'entreprise", poursuit-elle.

Une action devant le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt avait été engagée en 2003 mais ce salarié avait été débouté en 2005 et avait fait appel.


lundi 19 avril 2010

[POLICE] Libération d'une Malienne sans papiers arrêtée à la préfecture (Nouvel Obs)

Arrêtée à la préfecture d'Evry alors qu'elle venait déposer une demande d'asile, la jeune femme a finalement été libérée.

Une Malienne de 51 ans en situation irrégulière a été libérée samedi 17 avril après son arrestation du jeudi 15 avril à la préfecture d'Evry, d'après la préfecture et une source syndicale. Arrêtée alors qu'elle était venue déposer une demande d'asile, la préfecture d'Essonne a annoncé qu'elle avait été "libérée" sans donner davantage de détails. D'après Etienne Deschamps, juriste au syndicat CNT du nettoyage, qui s'occupe du dossier, "la procédure a été annulée".
En situation irrégulière en France depuis 1991, elle s'était rendue avec un responsable des ressources humaines de l'entreprise de nettoyage qui l'emploie dans le but de régulariser son dossier. Sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français, elle avait été placée au centre de rétention administrative de Plaisir (Yvelines).



dimanche 18 avril 2010

[CINEMA] Sotigui Kouyaté est décédé (Fasozine)


Sotigui Kouyaté est décédé ce samedi 17 avril 2010 en France, d’une maladie pulmonaire. Agé de 74 ans, il avait été récemment récompensé par l'Ours d’Argent pour son rôle dans "London River" de Rachid Bouchareb. Nous vous proposons une partie de sa riche biographie rédigée par www.africultures.com, en attendant de revenir sur ce décès.


Naissance

19 juillet 1936 à Bamako (Mali)

Liens familiaux

Il est le père du cinéaste Dani Kouyaté.

Formation

D'abord griot, Sotigui Kouyaté exerce toutes sortes de métiers : footballeur professionnel (capitaine de l'équipe nationale du Burkina Faso), chanteur, infirmier, menuisier ébéniste, dactylo à la Banque d'Afrique occidentale, puis directeur de sa propre compagnie de théâtre. C'est d'ailleurs sur les planches qu'il fait ses premiers pas hors des frontières maliennes : alors qu'il travaille comme fonctionnaire, le dramaturge Peter Brook le fait venir en France pour jouer dans son Mahabharata (1985).

Carrière au cinéma

Longue silhouette filiforme, Sotigui Kouyaté a l'allure du patriarche à qui l'on demande conseil, celui qui sait tout de la vie et qui a mille et une histoires à raconter. Sa carrière au cinéma débute en 1968 dans Protection des récoltes (Jean David). Jusqu'à la fin des années 1970, il joue dans de petites productions, puis se révèle au grand public en 1985 dans le Mahabharata, monté par Peter Brook. Le cinéma français lui ouvre alors ses portes, en lui offrant de petits rôles dans des films comme Black mic mac (Thomas Gilou, 1985), Y'a bon les Blancs (Marco Ferreri, 1987) ou encore Un thé au Sahara (Bernardo Bertolucci, 1989). En 1995, il joue dans Keita ! l'héritage du griot, un long métrage de son fils Dani. En 2000, il tient le rôle principal de Little Sénégal (Rachid Bouchareb), l'histoire d'un Dakarois qui s'embarque sur les traces de ses ancêtres américains.

Autres activités

Sotigui Kouyaté mène une carrière parallèle au théâtre et à la télévision. On le voit notamment dans Le Lyonnais, réalisé en 1990 par Cyril Collard.
Il a occupé le poste de directeur artistique des Ballets du Burkina Faso et de la compagnie théâtrale de la Volta. Avec Jean-Louis Sagot-Duvaroux et Habib Dembélé il créé la compagnie du Mandéka théâtre.


samedi 17 avril 2010

[JUSTICE] Les propos de Brice Hortefeux "relèvent de l'injure raciale" (Nouvel Obs)


Le procureur estime que le ministre de l'Intérieur est tombé "dans le cliché, les idées reçues" avec ses propos tenus lors de l'université d'été de l'UMP.
Le procureur de la République de Paris a considéré vendredi 16 avril qu'une partie des propos de Brice Hortefeux sur les jeunes Français d'origine étrangère, tenus lors de l'université d'été de l'UMP en août 2009, pouvaient s'apparenter à une injure raciale, tout en soulignant que la responsabilité pénale du ministre ne pouvait être retenue en raison du doute sur le caractère public du propos.

Le jugement a été mis en délibéré au 4 juin.

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) avait fait citer l'actuel ministre de l'Intérieur pour injures raciales à la suite de ses propos à l'université d'été du parti présidentiel à Seignosse (Landes) en septembre 2009. Aucun témoin des faits n'avait été cité et le ministre était représenté par son avocat.

Mis en ligne sur le site internet du Monde.fr, un film provenant de la chaîne Public Sénat montre le ministre et le patron des députés UMP Jean-François Copé poser pour une photo en compagnie d'un militant d'origine maghrébine, Amine Brouch-Benalia. Alors que Jean-François Copé taquine Brice Hortefeux sur ses origines auvergnates, des personnes non visibles sur les images discutent, disent notamment : "c'est l'intégration", "lui, il parle arabe" ou encore "il mange du cochon, il boit de la bière". Brice Hortefeux de dos remarque : "il ne correspond pas du tout au prototype alors". Tandis qu'une femme lui dit : "c'est notre petit Arabe", le ministre poursuit : "il en faut toujours un". "Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes", ajoute-t-il.



"Il y a là des propos outrageants, méprisants"

Venu requérir pour cette affaire, le procureur-adjoint, François Cordier, a rappelé en préambule que "la recherche de la vérité judiciaire est chose difficile". Le magistrat a estimé que la première partie des propos tombaient "dans le cliché, les idées reçues", voire une "certaine forme de paternalisme" mais ne tombait pas sous le coup de la loi. En revanche, la seconde, qui s'apparente au slogan 'un verre ça va, trois verres bonjour les dégâts', relève de l'injure raciale. "Il y a là des propos outrageants, méprisants", a-t-il estimé parlant d'une forme de "généralisation. On englobe tous les Arabes dans le même moule pour les stigmatiser".

Mais, souligne le procureur-adjoint, il n'est pas certain que le tribunal puisse retenir la responsabilité pénale du ministre. En effet, cette université d'été de l'UMP était-elle ouverte au public, dans quelles conditions les journalistes étaient-ils admis ? "Nous sommes dans le cadre d'une discussion à bâtons rompus, dans un groupe à caractère privé", estime-t-il avant de s'interroger sur le caractère licite de cette captation par une caméra que ne regarde jamais Brice Hortefeux.

"Il n'est pas établi que l'intéressé ait su que ses propos allaient être enregistrés", a-t-il dit, rappelant que les propos de Brice Hortefeux n'étaient pas prononcés de manière distincte et avaient dû être sous-titrés sur la vidéo.

L'avocat du MRAP, Pierre Mairat a considéré que l'attitude du ministre, qui a toujours contesté avoir parlé des Arabes, s'apparente à celle "d'un petit délinquant pris la main dans le port de confiture qui continue à nier". Selon l'avocat, Brice Hortefeux s'est "enferré dans des dénégations qui accentuent la gravité de ses propos". Il a demandé au tribunal une "décision juste" qui place "des bornes à ne pas franchir" en matière de racisme.

vendredi 16 avril 2010

[POLITIQUE] Nicolas Sarkozy va clore le débat sur l'identité nationale (La Croix)

Le chef de l’État s’exprimera le 22 avril à Chambéry, à l’occasion des 150 ans du rattachement de la Savoie à la France

Le président de la République devrait clôturer en fin de semaine prochaine le débat sur l’identité nationale. Selon nos informations, Nicolas Sarkozy prononcera un grand discours sur ce thème lors d’un déplacement à Chambéry le 22 avril, à l’occasion du 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la nation.

Le chef de l’État est déjà intervenu à deux reprises dans ce débat ouvert à l’automne 2009 par Éric Besson, ministre de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. Lors de son déplacement à La Chapelle-en-Vercors (Drôme), sur le thème de l’avenir des territoires ruraux, il avait centré son discours sur l’amour de la patrie.

« À force de cultiver la haine de soi, nous avons fermé les portes de l’avenir », avait-il déclaré. Puis le 9 décembre, quelques jours après un référendum suisse sur les minarets, le président publiait dans Le Monde une tribune sur la laïcité et la place de l’islam dans la société française.

Le débat sur l'identité nationale parasité

Mal engagé, parasité par les controverses sur la burqa et les dérapages verbaux de certains élus, le débat sur l’identité nationale a été vilipendé par la gauche et critiqué au sein même de la majorité. Nicolas Sarkozy n’a cependant jamais retiré son soutien à Éric Besson, qu’il engageait encore à « tenir bon » lors du premier conseil des ministres de janvier. Malgré la défaite de l’UMP aux récentes élections régionales, le chef de l’État ne pouvait pas laisser inachevé un chantier qui avait suscité tant d’énergies.

Clore cette séquence sur l’identité nationale permettrait également de dégager une issue honorable au problème délicat du voile intégral. Le ministère de l’Intérieur, en charge des cultes, prépare actuellement un projet de loi d’interdiction de cette tenue dans certains espaces.

Le vote d’une résolution parlementaire a d’ores et déjà été inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée, le 11 mai. Or, à l’issue des travaux de la mission parlementaire sur la burqa, les élus de l’opposition avaient refusé d’en voter les conclusions. Le groupe socialiste pose, comme préalable à son ralliement à la résolution, la fin officielle du débat sur l’identité nationale.

Vers un consensus républicain sur la burqa ?

Le 22 avril à Chambéry, Nicolas Sarkozy pourrait redonner ses chances à un consensus républicain sur la question de la burqa, sans paraître reculer sur l’utilité du débat relatif à l’identité nationale. À l’issue d’un séminaire gouvernemental organisé le 8 février, le premier ministre François Fillon avait déjà validé quatorze propositions.

Il avait notamment annoncé la prochaine installation d’une commission de personnalités chargée de prolonger la réflexion sur le sujet. Il avait aussi retenu des mesures pédagogiques ou symboliques comme la présence des forces civiles (pompiers…) ou des jeunes engagés dans le service civil au défilé du 14 juillet.