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mercredi 10 mars 2010

[JUSTICE] Les wagons lits condamnés pour discrimination raciale (20 minutes)


Le plaignant devrait recevoir 56 000 € de dommages et intérêts.Le plaignant devrait recevoir 56 000 € de dommages et intérêts./ L. cerino/ 20 minutes

La compagnie des wagons lits épinglée pour discrimination raciale à l'évolution de carrière. Cette filiale d'Accor, spécialisée dans la restauration à bord des trains, a été condam...

La compagnie des wagons lits épinglée pour discrimination raciale à l'évolution de carrière. Cette filiale d'Accor, spécialisée dans la restauration à bord des trains, a été condamnée hier par le conseil des prud'hommes de Lyon à verser 50 000 € de rattrapage de salaires et 6 000 € de dommages et intérêts à l'un de ses anciens salariés. Ce dernier, d'origine togolaise, avait porté plainte après avoir stagné au même poste pendant quatorze ans. Malgré l'obtention de cinq diplômes de comptabilité et finances, ce salarié, entré en 1990 dans la boîte comme manutentionnaire, était passé puis resté agent d'accueil.
Dans le même temps, d'autres employés moins diplômés avaient été promus au statut de cadre. Le plaignant avait alors demandé devant les prud'hommes 155 000 € de dommages et intérêts, équivalant, selon lui, au rattrapage sur huit ans des 1 500 € de différence entre son salaire et celui d'un de ses collègues promus. « Ce procès rappelle l'urgence de mettre en place un cadre légal contraignant afin d'assurer la transparence et l'objectivité de la gestion des ressources humaines des entreprises, en y intégrant des mesures de lutte contre les discriminations », a estimé hier SOS Racisme. L'association, partie civile dans ce dossier, a obtenu 1 000 € de dommages et intérêts.

[REGIONALES] Ali Soumaré : casier judiciaire vierge (Le Figaro)

Nouveau rebondissement dans l’affaire Ali Soumaré. Aujourd’hui, c’est Le Canard Enchaîné qui révèle que le jeune candidat socialiste, accusé par des élus UMP du Val-d’Oise d’être un «délinquant multirécidiviste», a en réalité un casier judiciaire vierge. Son bulletin n°2 - «celui que le ministère de la Justice délivre aux administrations lorsqu’un quidam convoite un emploi public», précise l’hebdomadaire - ne comporte aucune condamnation.

«Le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, avait bien raison de réclamer qu’avant chaque élection les candidats rendent dorénavant public leur casier judiciaire…», ironise l’hebdomadaire satirique.

Suite à une demande de la Commission informatique et libertés (Cnil), la direction générale de la police nationale (DGPN) a ouvert la semaine dernière «une enquête interne» après la divulgation d’informations, dont plusieurs fausses, sur Ali Soumaré.

[NIGERIA] Conflits ethniques et fonciers, principales causes des violences (L'Express)

La tuerie de Jos au Nigeria est la dernière d'une série qui a fait au moins 2000 morts dans la région ces dix dernières années. En jeu, la propriété des terres entre le Nord et le Sud du pays.

Rivalités ethniques séculaires, conflits liés à la terre et frustrations politiques sont les principales causes de la violence qui ravage régulièrement la région de Jos, dans le centre du Nigeria, estiment des spécialistes. Pour eux, le facteur religieux est souvent secondaire.

Au moins 500 chrétiens de l'ethnie berom, des cultivateurs sédentaires, ont été massacrés dans la nuit de samedi à dimanche par des éleveurs musulmans nomades de l'ethnie fulani (peule). Cette tuerie est la dernière d'une série qui ont fait au moins 2000 morts dans la région au cours de la dernière décennie.

Elle survient moins de deux mois après une flambée de violences où plus de 300 musulmans avaient été tués par des chrétiens à Jos et dans ses environs.

Qui sont les Berom et les Fulani?

Les Berom constituent l'un des principaux groupes ethniques de l'Etat du Plateau, mais ces éleveurs chrétiens du Nord à la recherche de pâturages ont migré au cours des années dans cette région, située entre le Nord du pays à majorité musulmane et le Sud à majorité chrétienne.

Ces migrations ont entraîné des conflits liés à la terre, particulièrement fertile dans cette région. "C'est un conflit entre locaux et nomades, qui a une coloration religieuse", résume Tajudeen Akanji, directeur du Centre pour la paix et la résolution des conflits à l'université d'Ibadan (ouest). "Il y a un sentiment d'injustice" chez les Berom, qui craignent d'être dominés par les Hausa et Fulani musulmans, selon Akanji, de l'université d'Ibadan.

Dans une interview lundi à Radio Vatican, Mgr John Onaiyekan, archevêque catholique d'Abuja, a abondé dans ce sens. "On ne se tue pas à cause de la religion, mais pour des revendications sociales, économiques, tribales, culturelles", a-t-il précisé.

Un conflit "classique" entre bergers et agriculteurs

"C'est ethnique et politique, cela n'a rien à voir avec la religion", analyse pour sa part Sulaiman Nyang, spécialiste de l'Afrique et de l'islam à Howard University à Washington. "Certains au Nigeria ne veulent pas la stabilité, et jouent toutes sortes de jeux", a-t-il estimé.

Un député de l'Etat du Plateau a aussi mis en avant des raisons politiques, évoquant notamment les frustrations de la communauté chrétiennne. "A chaque fois qu'il y a une élection, ce sont les Hausa (ethnie musulmane) qui gagnent, c'est beaucoup plus difficile pour les natifs de la région", a indiqué cet élu sous couvert de l'anonymat. Aucun des administrateurs régionaux n'est berom, a-t-il relevé.

Les lignes de partage ethnique épousant les différences confessionnelles, les violences prennent souvent une coloration religieuse. "Il s'agit du conflit classique entre bergers et agriculteurs, mais les Fulani (les agresseurs) sont tous musulmans et les Beroms (les victimes) sont tous chrétiens", a expliqué l'archevêque d'Abuja.

Crainte des représailles

Dans la région de Jos, "les gens ne se battent pas pour le droit ou les lieux de prière", a rappelé l'un des porte-parole de la communauté musulmane au Nigeria.

Responsables communautaires, religieux et politiques craignent maintenant le cycle infernal des représailles. Le principal parti d'opposition Action Congress a mis en garde mardi contre "l'impunité" dans la région, qui alimente les violences.

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) estime que plus de 13 500 personnes ont été tuées dans des violences ethniques et/ou religieuses au Nigeria depuis la fin du régime militaire en 1999.

mardi 9 mars 2010

[RESEAUX SOCIAUX] Un Afro Caribéen lance Kweeper, l'art de partager les perles du web (20 minutes)

INTERNET - Un Lyonnais développe une nouvelle application à mi-chemin entre Facebook et Twitter...

C'est un drôle de truc, à la fois micro-blog et réseau social, à mi-chemin entre Facebook et Twitter. Et tout aussi addictif. La chose s'appelle Kweeper et elle a été inventée par un Lyonnais, Charles Elé, informaticien, branché mais modérément geek, et amateur de sciences cognitives.

Brièvement dit, il s'agit, via une petite application, de stocker (keep = garder) et partager des extraits de textes, des photos, des vidéos, qu'elles soient glanées sur la Toile ou envoyées par mail. Le tout s'affiche sous la forme d'une page que chacun nourrit et rend public comme il le souhaite.

Inventer les usages

L'intention de départ était tout autre et la suite fut «deux ans d'obsession et de nuits blanches». Charles Elé cherchait un moyen de collecter des phrases édifiantes du Net, dans le projet de les imprimer sur des tee-shirts. Avec, dans un coin de la tête, une curiosité tenace sur ce qui retient l'attention de nos contemporains dans l'océan du Web. Suit une rencontre décisive avec un fondu d'informatique, aujourd'hui son associé, qui permet de concrétiser l'idée.

«Nous voulions un outil ultra-simple que tout le monde puisse s'approprier et en inventer les usages.» A la manière d'un blog, les internautes partagent ce qui les étonnent, les font rire, les énervent, glissent parfois une photo personnelle.

Le maire de Lyon, nouvelle recrue

Des médias lyonnais s'en servent comme d'un site supplémentaire, alimenté par leurs infos. Toute fraîche «recrue» de Kweeper, le maire de Lyon Gérard Collomb (PS), communique de temps à autre des bribes de son agenda.

Enfin, après le salon de la mode «Who's Next», à Paris, en janvier, le festival de hip-hop l'Original s'exposera «en temps réel» sur Kweeper, aux côtés de Facebook et Twitter. Charles Elé a commencé l'année en quittant son job d'informaticien à plein temps afin de se consacrer au développement de l'application (vitrine d'un événement, intranet simplifié pour les entreprises). Et trouver son modèle économique.

lundi 8 mars 2010

[REGIONALES] Un Afro Caribéen tête de liste Modem en Ile de France (Le Point)

À l'approche du premier tour des régionales organisé le 14 mars, lepoint.fr emboîte le pas à des novices de la politique. Aujourd'hui, Alain Dolium, tête de liste du MoDem en Ile-de-France, nous raconte sa première campagne.

En visite à La Courneuve lundi, Alain Dolium rencontre une pharmacienne de la cité des 4.000. Elle lui explique qu'elle ne croit plus aux politiques, qu'ils ne cessent de mentir. Et lui lâche : "Mais quand je vous vois, vous, ça me donne envie de voter." Ce souvenir restera dans la mémoire de la tête de liste du MoDem pour les régionales en Ile-de-France comme "une tranche de vie incroyable". "Quand j'arrive, on voit l'homme, pas le politique. Je ne suis pas langue de bois, je ne le serai jamais. Quand on veut être concret, on peut", assure Alain Dolium pour expliquer l'engouement de la pharmacienne. D'ailleurs, lorsqu'il évoque ses projets pour la région, il demande sans cesse à son interlocuteur : "Vous voulez un exemple concret ?" Ainsi parle Alain Dolium, 43 ans, "afro-français, ultramarin, noir tout simplement", comme il se décrivait lui-même en décembre, élevé en banlieue parisienne, en campagne pour la première fois. La bataille semble perdue d'avance, le MoDem étant crédité de 5 % dans les sondages . Mais ces pronostics - qu'il juge de toute façon "mensongers" - n'entament pas son enthousiasme.

François Bayrou et Alain Dolium font connaissance en septembre 2009. "Une rencontre d'hommes avec un grand H . Sans round d'observation. On a parlé d'éducation, d'Europe, de développement agricole... Bref, de tout, sauf des régionales", raconte ce chef d'une petite entreprise spécialisée dans les technologies de la téléphonie. Toujours est-il que le leader du MoDem le choisit dans la foulée comme candidat pour cette échéance. Aussitôt décrit comme "le nouvel Obama français" (par son propre staff !), parfaite "nouvelle icône de la diversité", Alain Dolium tranche : "C'est des conneries, tout ça. Me désigner était un choix basé sur mes compétences." Et c'est pour cela qu'il a accepté.

Le MoDem, un "parti démocratique"

Un jour, son fils de 7 ans et demi s'exclame en voyant François Bayrou à la télé : "Papa, c'est lui ton nouveau patron ?" Alain Dolium en rit encore, lui qui se sent à l'aise au sein de ce parti tant critiqué , justement parce que François Bayrou y règnerait en maître. Bien sûr, le Béarnais est un patron, juge le manager, "et il est normal que la stratégie d'un parti soit décidée par un exécutif".

Ses piques, il les réserve donc aux mécontents du bayrousime. "Je ne comprends pas ceux qui vont à la soupe avant de cracher dedans. Quand on voit cette nouvelle génération que promeut le MoDem, je trouve cela très positif. Quant à nos méthodes, nous sommes plus démocratiques que les autres partis." Il en veut pour preuve de n'avoir reçu "aucune consigne de parole". "Pour un novice, c'est très rare. Quand François me présente en réunion publique, il assure ne pas vouloir me formater". Un minimum, diront les mauvaises langues...

"Centriste dans l'âme"

Autre luxe que lui offre la politique : pouvoir véhiculer ses idées dans des conditions idéales. "Faire de la politique me permet d'avoir des moyens, plus que dans le milieu associatif par exemple. De sillonner tous les départements, un jour au pied des tours, un autre dans un quartier résidentiel. De parler avec tout le monde : précaires, membres de la classe moyenne ou plus nantis. De prendre conscience de la vulnérabilité de l'ensemble de la population francilienne." Le diagnostic de ce "centriste dans l'âme" au soir de la campagne ? "Il faut se battre pour que l'État propose la même ligne de départ pour tout le monde, le même accès au service public, un accès à l'éducation non discriminatoire, la même offre de santé pour tout le monde", récite-t-il, impeccable.

Dès lors, quelle stratégie d'alliances adopter pour arriver à ces fins, lui demande-t-on ? Celui qui se définit comme "centriste dans l'âme", a voté François Bayrou au premier tour en 2007 et Ségolène Royal au second (tout en rêvant que Bayrou accepte le poste de Premier ministre proposé par Royal...) ,répond : "En Ile-de-France, nous étions au départ la seule formation à évoquer sérieusement la question de l'emploi. Aujourd'hui, tout le monde en parle. Je ne peux envisager l'alliance avec un parti que si nous avons des engagements sur cette question. Je veux comprendre quelles sont les propositions concrètes faites par les uns et les autres sur ce thème et je vais donc demander un débat pour cela. Chaque chose en son temps. Pour l'heure, nous sommes dans une campagne de premier tour." S'il n'est pas langue de bois, Alain Dolium a en tout cas vite appris les codes.

[DISCRIMINATION] Halde : un bilan mitigé après cinq ans d'action (Le Figaro)

Son président, Louis Schweitzer, assure que l'institution a trouvé sa place et doit rester indépendante.

La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et les inégalités (Halde), créée en 2004 pourrait se fondre dans le futur «défenseur des droits», une institution prévue par la révision constitutionnelle de 2008. Aujourd'hui, seules les fonctions du médiateur de la République, du défenseur des enfants et de la commission nationale de déontologie de la sécurité sont censées y être rattachés. Une réflexion est en cours au gouvernement, pour y ajouter la Halde, autorité administrative aujourd'hui très soucieuse de son indépendance. Son président, Louis Schweitzer, juge pour sa part que la lutte contre les discriminations est une «occupation à plein temps». «Le défenseur des droits, qui aura de nombreuses attributions, risque d'être moins focalisé sur ce sujet important», affirme-t-il.

Cette idée de rattachement a notamment été soutenue par le comité Balladur sur la réforme constitutionnelle. Pas forcément uniquement pour des raisons juridiques, car la Halde agace. Elle a souvent fait les frais des critiques de la majorité depuis sa création. Plusieurs députés UMP se sont inquiétés du poids croissant de cette institution qui n'hésite pas à faire condamner l'État pour des discriminations. Nicolas Sarkozy a par ailleurs critiqué à plusieurs reprises Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius, pour son rôle dans les délocalisations de Renault lorsqu'il était à la tête de l'entreprise. Pourtant en cinq ans à peine, ce dernier a su installer un taux de notoriété de 54% chez les Français. Grâce à cette notoriété, la Halde a reçu plus de 10 000 recours en 2009. Mais il lui est reproché de faire du chiffre pour faire du chiffre : la proportion de dossiers donnant lieu à une décision (rappel à la loi, médiation ou poursuite devant les tribunaux) est en effet inférieure à 20%. De quoi provoquer pas mal de frustrations chez les requérants…


Taux de rejet de 64 %

Ce taux de rejet élevé s'explique en partie par la difficulté à monter un dossier complet sur ce genre de sujet, défend Louis Schweitzer, selon qui le taux de rejet, 64%, est comparable à celui de la police pour les dépôts de plainte.

La rentabilité de l'institution a aussi été attaquée. Selon le député UMP Richard Mallié, la Halde «affiche un train de vie choquant». Louis Schweitzer est critiqué pour ses «somptueux locaux» du IXe arrondissement de Paris au loyer annuel de 2 millions d'euros. Le loyer est trop cher, mais c'est un bail de neuf ans, non révocable signé avant la création de la Halde, répond-il. Il affirme par ailleurs que son budget total de 12 millions d'euros annuel est inférieur à celui d'institutions comparables de l'Union européenne.

Un argument peu convaincant pour Richard Mallié, à l'origine d'un amendement qui a réduit en décembre dernier la hausse du budget de la Halde. Pour lui, ce type d'institutions est sujet aux dérapages. Sur le fond, certaines actions de la Halde focalisent aussi les critiques à l'Assemblée comme l'étude menée sur l'image des femmes dans les manuels scolaires ou encore un testing sur les entreprises du CAC 40 visant à prouver des discriminations.

De fait, l'irruption de la Halde dans leurs affaires internes a fait grincer des dents les entreprises. Certaines lui ont reproché de ne pas respecter le principe du contradictoire. Louis Schweitzer estime que la critique était légitime au début. «Maintenant quand la Halde est saisie, une demande d'informations est adressée au mis en cause, et s'il y a discrimination, un courrier lui est envoyé pour lui donner tous les éléments.» Les critiques ne troublent pas le patron de la Halde, aujourd'hui sur le départ, pour qui cette institution n'a pas vocation à être «consensuelle» : «On s'appelle autorité de lutte, et nous luttons», dit-il.

dimanche 7 mars 2010

[TOGO] La réelection de Faure contestée (Le Parisien)

Le chef de l'Etat sortant Faure Gnassingbé a été déclaré vainqueur de la présidentielle au Togo. Les résultats du scrutin sont contestés, le pays est sous tension. Officiellement Faure Gnassingbé a remporté l'élection avec 60,92% des voix, contre 33,94% des suffrages à son principal adversaire, l'opposant Jean-Pierre Fabre, a annoncé samedi soir la Commission électorale nationale indépendante (Céni).
Très loin derrière, le troisième candidat (sur 7 au ), l'ex-Premier ministre Yawovi Agboyibo, a obtenu 2,96% des voix.

Faure Gnassingbé, fils du général Gnassingbé Eyadéma qui a régné sur le Togo d'une main de fer pendant 38 ans (1967-2005), avait été élu en 2005, lors d'une élection contestée, et, en quête de légitimité, briguait un second quinquennat. «Le président est porté par une dynamique populaire, nous l'annoncions, nous en avons la preuve», s'est félicité Solitoki , secrétaire général du Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti au pouvoir.

Immédiatement après l'annonce des résultats, l'ambiance était calme devant le siège du RPT. Seuls de jeunes hommes juchés sur des deux-roues criaient «Faure ou rien». L'annonce de la victoire de M. Gnassingbé est intervenue deux jours après le scrutin, pendant lesquels la tension est peu à peu montée à Lomé, où la présence des forces de l'ordre a été considérablement renforcée.

Grenades lacrymogènes

Juste avant que la Commission électorale publie les résultats, le porte-parole du gouvernement togolais, Pascal Bodjona, a mis en garde contre toute manifestation de violence. «Si les jeunes sortent pour manifester de façon pacifique, il n'y aura pas de problème, mais s'ils sortent pour détruire, nous n'allons pas faiblir», a déclaré à quelques journalistes M. Bodjona.«Les auteurs subiront les rigueurs de la loi», a-t-il ajouté.

Samedi après-midi à Lomé, une manifestation de l'Union des forces de changement (UFC), à laquelle participait M. Fabre, a été dispersée à coups de grenades lacrymogènes par la police. M. Fabre, qui a crié victoire dès vendredi, n'a cessé de mettre en garde contre des fraudes électorales, et certains de ses jeunes partisans ont plusieurs fois menacé de manifester violemment contre une éventuelle reconduction du président sortant.

Toutefois, samedi en fin de soirée, le calme régnait aux abords du siège de l'UFC, où une dizaine de personnes attendaient, l'air abattu. «Ce sont de faux résultats qu'ils ont donné», s'est indigné Jean Adikossi, un chauffeur de 27 ans.

3,2 millions de Togolais étaient appelés jeudi aux urnes. Cette élection était perçue comme un test dans un pays traumatisé par les violences électorales, notamment lors de la présidentielle de 2005, où 400 à 500 personnes avaient été tuées selon l'ONU.